Qu'ont en commun des artistes comme Daniel Johnston, Patti Smith, Townes Van Zandt, Jonathan Richman, Brigitte Fontaine, les Cramps, Boris Vian, Captain Beefheart ou Colette Magny? Certainement pas le genre musical. Car si on sent, dans le choix des quelque 35 portraits d'artistes ou de courants musicaux regroupés dans cet imposant Underground, une certaine appétence de ses auteurs pour le blues, le garage rock et le "lo-fi", il y en a ici pour tous les goûts, du moment qu'ils soient pointus: électro, country, musique contemporaine,...

Qu'ont en commun des artistes comme Daniel Johnston, Patti Smith, Townes Van Zandt, Jonathan Richman, Brigitte Fontaine, les Cramps, Boris Vian, Captain Beefheart ou Colette Magny? Certainement pas le genre musical. Car si on sent, dans le choix des quelque 35 portraits d'artistes ou de courants musicaux regroupés dans cet imposant Underground, une certaine appétence de ses auteurs pour le blues, le garage rock et le "lo-fi", il y en a ici pour tous les goûts, du moment qu'ils soient pointus: électro, country, musique contemporaine, dub, punk, chanson française, krautrock, black metal... Par contre, ce qui relie tous ces musiciens parfois très différents, c'est qu'ils sont tous et toutes "des artistes avec une vision, qui ont eu le courage de la développer jusqu'au bout". Des "grands frappés" comme les nomme le scénariste (et musicien) Arnaud Le Gouëfflec, à la vie "bigger than life" et à l'oeuvre aussi vaste que méconnue du grand public (Sun Ra a produit plus de 200 disques, Eugène Chadbourne a enregistré des centaines de cassettes), mais pas des autres artistes, profondément influencés par leur avant-gardisme. Des hommes et des femmes libres, qui en ont d'ailleurs souvent payé le prix, formant tous ensemble les maillons d'une formidable chaîne, cette musique dite underground ou souterraine; là où les racines s'accrochent. Arnaud Le Gouëfflec et Nicolas Moog, lui aussi musicien, ont entamé il y a huit ans déjà, et dès le premier numéro de La Revue Dessinée, ces récits courts mettant à l'honneur les rockers maudits et les grandes prêtresses du son (traités avec une stricte parité). S'y ajoutent désormais une centaine de planches et une dizaine de portraits inédits, toujours dans un noir et blanc semi-réaliste parfaitement opportun, et dont l'ensemble laisse deviner d'autres points communs entre tous ces artistes cultes, outre le génie créatif, les maladies mentales, le mal-être, l'alcool ou la drogue: tous et toutes sont ou étaient des artistes complets, rarement capables de se limiter à un mode d'expression, et tous et toutes brillent évidemment par leur anticonformisme, qu'il soit ludique à la manière des Residents (dont on ne saura sans doute jamais qui ils sont vraiment) ou radical comme celui de Lydia Lunch (égérie punk et féministe). Cet Underground brille en tout cas par sa justesse et son érudition rock. Et donne évidemment envie de foncer, après chaque chronique, sur sa platine ou son appli Spotify pour (re)découvrir ces pépites maudites. Un must-have pour tous les "vrais" amateurs et de BD et de musique.