Un responsable éditorial d'une maison concurrente remercié en ouverture d'une nouvelle série, ce n'est pas courant. Un spin-off anglé jeunesse qui paraît dans une autre maison d'édition que celle qui a publié la série d'origine, ça non plus, ce n'est pas courant. Mais c'est pourtant l'étrange destin de C.R.A.S.H., la nouvelle série menée au scénario par l'omniprésent Hervé Bourhis (voir notre dossier sur la BD dite intelligente) et au dessin Jérôme d'Aviau, qui pour l'occasion s'est choisi l'étrange sobriquet de Poipoi. Comme son nom l'indique, le Collège réservé aux superhéros s'apprête à accueillir les enfants mutants de Towerville, et ce, même si superhéros et supervilains sont strictement interdits dans la ville depuis des années. Comme Felipe Lazare, "la légende de l'ancienne corporation des super- héros", recruté pour devenir l'un des principaux professeurs de ce collège secret. Parmi ses premiers élèves, la jeune Esther, capable de prendre l'apparence animale qu'elle désire, et qui ne se sépare jamais d'une sorte de tamagotchi baptisé Epaminondas; et parmi ses premiers superennemis, l'infâme Katakomb, tas d'os encore plus méchant que bête et qui compte bien inonder la ville, d'où le nom de ce premier tome virevoltant et nerveux comme un dessin animé de Nickelodeon.

L'ombre du Z

Bref, du bel ouvrage pour les jeunes, qui en rappellera un autre aux moins jeunes: Towerville, Epaminondas, des superhéros légalement interdits... Autant d'éléments issus de Comix Remix, minisérie menée en solo par Hervé Bourhis et parue il y a dix ans chez Dupuis d'abord en trois tomes, ensuite en intégrale -et à ne surtout pas manquer, c'est un vrai bijou. Sauf que ce spin-off plein de promesses et de possibilités de développement chez Dupuis a pris l'eau... en même temps que Spirou Z. C.R.A.S.H., et ça se voit un peu, devait en effet, à l'origine, devenir l'un des fleurons de Spirou Z, la plateforme numérique présentée comme la huitième merveille du monde à l'occasion des 70 ans de Spirou: un journal virtuel qui devait permettre de développer de nouveaux langages narratifs genre Turbomédia... mais qui ne verra jamais le jour. Trop cher, techniquement pas au point, Spirou Z a disparu cette fois discrètement, emportant avec lui quelques projets qui y étaient liés, comme ce C.R.A.S.H. dont le graphisme, le ton, le découpage et le rythme se seraient parfaitement prêtés à du cross-média multimédia. Casterman a-t-il l'intention de faire pareil? Il faudra sans doute, d'abord, comme le dit un modeste communiqué de presse, que "les élèves du C.R.A.S.H. montrent de quoi ils sont capables". C'est tout le mal qu'on leur souhaite.

DE HERVÉ BOURHIS ET POIPOI. ÉDITIONS CASTERMAN. 48 PAGES.

Un responsable éditorial d'une maison concurrente remercié en ouverture d'une nouvelle série, ce n'est pas courant. Un spin-off anglé jeunesse qui paraît dans une autre maison d'édition que celle qui a publié la série d'origine, ça non plus, ce n'est pas courant. Mais c'est pourtant l'étrange destin de C.R.A.S.H., la nouvelle série menée au scénario par l'omniprésent Hervé Bourhis (voir notre dossier sur la BD dite intelligente) et au dessin Jérôme d'Aviau, qui pour l'occasion s'est choisi l'étrange sobriquet de Poipoi. Comme son nom l'indique, le Collège réservé aux superhéros s'apprête à accueillir les enfants mutants de Towerville, et ce, même si superhéros et supervilains sont strictement interdits dans la ville depuis des années. Comme Felipe Lazare, "la légende de l'ancienne corporation des super- héros", recruté pour devenir l'un des principaux professeurs de ce collège secret. Parmi ses premiers élèves, la jeune Esther, capable de prendre l'apparence animale qu'elle désire, et qui ne se sépare jamais d'une sorte de tamagotchi baptisé Epaminondas; et parmi ses premiers superennemis, l'infâme Katakomb, tas d'os encore plus méchant que bête et qui compte bien inonder la ville, d'où le nom de ce premier tome virevoltant et nerveux comme un dessin animé de Nickelodeon. Bref, du bel ouvrage pour les jeunes, qui en rappellera un autre aux moins jeunes: Towerville, Epaminondas, des superhéros légalement interdits... Autant d'éléments issus de Comix Remix, minisérie menée en solo par Hervé Bourhis et parue il y a dix ans chez Dupuis d'abord en trois tomes, ensuite en intégrale -et à ne surtout pas manquer, c'est un vrai bijou. Sauf que ce spin-off plein de promesses et de possibilités de développement chez Dupuis a pris l'eau... en même temps que Spirou Z. C.R.A.S.H., et ça se voit un peu, devait en effet, à l'origine, devenir l'un des fleurons de Spirou Z, la plateforme numérique présentée comme la huitième merveille du monde à l'occasion des 70 ans de Spirou: un journal virtuel qui devait permettre de développer de nouveaux langages narratifs genre Turbomédia... mais qui ne verra jamais le jour. Trop cher, techniquement pas au point, Spirou Z a disparu cette fois discrètement, emportant avec lui quelques projets qui y étaient liés, comme ce C.R.A.S.H. dont le graphisme, le ton, le découpage et le rythme se seraient parfaitement prêtés à du cross-média multimédia. Casterman a-t-il l'intention de faire pareil? Il faudra sans doute, d'abord, comme le dit un modeste communiqué de presse, que "les élèves du C.R.A.S.H. montrent de quoi ils sont capables". C'est tout le mal qu'on leur souhaite.