À ceux qui pensent au peintre autrichien Egon Schiele en regardant le dessin ci-dessus d'Hermann: vous n'êtes pas le seul. Hermann aborde le sujet alors qu'on visite avec lui son exposition-vente à la Galerie Bruxelles-Paris. "C'est le seul artiste dont on pourrait dire qu'il influence mon travail. Probablement parce que lui aussi dessine vraiment, parce que ces lignes font assez bande dessinée".
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À ceux qui pensent au peintre autrichien Egon Schiele en regardant le dessin ci-dessus d'Hermann: vous n'êtes pas le seul. Hermann aborde le sujet alors qu'on visite avec lui son exposition-vente à la Galerie Bruxelles-Paris. "C'est le seul artiste dont on pourrait dire qu'il influence mon travail. Probablement parce que lui aussi dessine vraiment, parce que ces lignes font assez bande dessinée".Bien évidemment, l'oeuvre de Schiele est loin d'être joyeuse : ses (demi)-nus sont anguleux, osseux - très vrais, presque inconfortables, mais ils paraissent aussi étranges. La comparaison est de poids, mais il y a quelques personnages célèbres de cette exposition imprégnés de l'atmosphère de l'oeuvre de Schiele. Stonebridge, Red Dust et Barney Jordan sont sortis de leurs cases, littéralement et au figuré. Les doigts du héros révolver Red Dust semblent avoir plus de phalanges que le Seigneur en a créées. Le sens du fléchissement des genoux est discutable. Sans parler de cette hanche de la belle à demi nue qui figure sur l'invitation : c'est très Hermann, très sensuel et très étrange. "Beaucoup de fans n'aiment pas ça" soupire Hermann. "Mais je trouve ça excitant. Ça souligne la lutte tourmentée de ces personnages. C'est beaucoup plus vrai aussi. Je ne veux pas dessiner de bimbos qu'on accroche dans les cabines de camions". Dans l'univers de la bande dessinée, Hermann est une valeur plus que confirmée, mais sur ce terrain-ci il est nouveau. Il n'y a pas longtemps qu'il décontextualise ses personnages. Il a commencé par un portrait percutant du brigand Stonebridge. Et ça fonctionne. Il a souligné plusieurs fois son aversion du plat, de l'unidimensionnel. Il comprend que nous adorions Red Dust, mais Comanche est un faux western, trop John Wayne. "À l'époque, ils ne portaient pas leurs revolvers de cette façon. On a tué Wild Bill est mon meilleur album western. Vous vous rappelez cette scène à la fin, où le garçon qui a grandi découvre que la femme qui l'a sauvé est devenue une vieille pute ? C'est intéressant. Ça fait mal. C'est la vie". On conseille l'exposition aux amateurs de l'oeuvre d'Hermann. Il y a les classiques - les cowboys, les chevaliers et les Indiens. Il y a les panoramas cinématographiques et les planches complètes. Et il y a la palette de couleurs typique d'Hermann, qui attire l'attention de tous les fans ignorants de l'expo qui passent devant l'étalage. Mais il y a donc aussi les portraits plus tranchés. Et ils sont les bienvenus parmi les oeuvres qu'on connaît bien. Certainement pour ceux qui sont fans de l'oeuvre plus dérangeante d'Hermann. Pensez à Zhong Guo, Wild Bill, Un hiver de clown ou encore Afromerica. L'exposition offre - il ne manquerait plus que ça - un bel aperçu de son évolution de style qui va des lignes plus sèches des premiers albums des Tours du Bois-Maury, dont on peut acheter quelques pages complètes en noir et blanc, aux traits plus doux et oniriques - "Ces nuages, je ne les ai pas dessinés, ce sont simplement quelques traits de pinceau" - de ses derniers albums.