Si certains artistes ouvrent volontiers les portes de leurs cuisines, ce n'est pas pour autant qu'ils parviennent à identifier tous les ingrédients qui entrent dans la composition de leurs petits plats. Heureusement, sinon on aurait déjà un algorithme qui nous pondrait des Ulysse ou des Moby Dick à la chaîne. Prudents, la plupart des musiciens, cinéastes et autres évitent d'ailleurs le sujet, se retranchant derrière la part de mystère de la création. Ou refusant tout simplement d'analyser, de décortiquer un processus spontané, notamment pour ne pas en briser la magie. Quand d'autres, comme l'écrivain japonais Haruki Murakami, qui disserte longuement sur son métier dans son nouveau Profession romancier (lire la critique), s'intéressent davantage au commen...