Lundi: David Lynch est le nouveau Gérard Pullicino

Twin Peaks, saison 03 épisode 05. Un moment, une fille y sniffe une énorme poutre de cocaïne, regarde en l'air les yeux vitreux et un large sourire fou en travers de la frimousse durant un temps interminable et cette scène qui ressemble pourtant fort à une publicité pour parfums, nuggets de poulets ou vibromasseurs (au choix) devient dans la foulée un tout grand moment de grâce cinématographique pour tout un tas d'idiots-suiveurs du Web. Une dinguerie, un culte, un mème. Une preuve de plus du génie de David Lynch. Mouais. Déjà, ce n'est pas ce que Lynch a fait de mieux (Blue Velvet, en ce qui me concerne, surtout le mort debout). Ensuite, il faudra bien finir par reconnaître que cette nouvelle saison de Twin Peaks est truffée de pains. Des acteurs y jouent très mal, les effets spéciaux sont nazes, le rythme bien davantage malhabile que lent. Dans ce cinquième épisode, on a même droit à ce qui semble carrément être le raccord le plus pourri croisé ces dernières années à la télévision américaine. Je parle de cette scène rapide, à peine visible, où une voiture explose devant un gamin. C'est nul, cheap, digne d'un sketch crado des Snuls ou de ces fameuses bandes-annonces pour le cinéma d'action ougandais. Et puis, tant qu'à troller David Lynch, j'ai beau trouver le néo-féminisme contemporain drôlement zigoto, je pense qu'il faudra un jour aussi s'intéresser de près à sa vision aussi caricaturale qu'adolescente de la femme: soit boudin siphonné, soit bombasse absolue, soit victime qui l'a bien cherché, soit simple élément de décor. Rien d'autre, jamais. À part ça, oui, la musique est vraiment super. Mais doit-on forcément pour l'apprécier se farcir à chaque épisode une scène digne du Taratata de Nagui? David Lynch est-il le nouveau Gérard Pullicino?

Mardi: Reality check

Je termine la lecture de Rushing to Paradise (La Course au Paradis), un roman de 1994 où JG Ballard imagine l'occupation par des activistes environnementalistes de l'une de ces îles du Pacifique où les Français testent leurs bombes atomiques. Sorti un an avant les essais nucléaires de Chirac, le livre a ses fulgurances. Ses platitudes et ses couillonnades, aussi. Il est loin d'être mauvais mais je ne l'ai pas trouvé très crédible. La faute à Neil, notamment, le héros, un adolescent sportif que fait fantasmer la radioactivité et l'idée d'assister à un essai nucléaire. Des heures durant, je me suis dit que c'était too much. Puis, je suis tombé sur cet article de Vice qui parle de voyages organisés à Tchernobyl. Pour les jeunes Russes désireux d'enterrer leurs vies de célibataires, c'est en effet la nouvelle destination branchée, un vrai paradis alcoolique et narcotique. On les amène dans la zone contaminée et on les y laisse tranquillement se bourrer la gueule et s'envoyer des drogues. Bien. JG Ballard, une fois de plus visionnaire, donc.

Mercredi: Le féminisme est-il soluble dans la déontologie?

Comme l'a jadis dit Nick Cave, je suis très content d'avoir enfin atteint un âge où pour rester sociable, je n'ai plus à prétendre aimer une musique qui ne m'intéresse d'aucune sorte. Le rap, en l'occurrence. J'EN. AI. STRICTEMENT. RIEN. À FOUTRE. DU. RAP et l'écrire en caps lock n'est pas qu'un plaisir ou une provocation, c'est surtout une libération. C'est permis aux vieux cons, je n'ai plus à me justifier, youpie. Cela dit, il faut bien reconnaître que Focus a réussi un très beau coup avec sa couverture réunissant à peu près tout ce qui compte dans l'actuelle nouvelle vague de rap belge. Bien sûr, dans la foulée, un esprit contraire comme le mien a quelques questions de nature à fâcher à poser. Ces types sont-ils vraiment si importants que ça? Sont-ils meilleurs sur scène, en studio ou au moment de se la ramener? Qui a le texte le plus con? Où est passée la rage? C'est quoi, ces Vincent Delerm du hip-hop? Qui a payé la tournée de Sprite à la codéine?

Pourtant, dans la foulée de cette couverture, c'est une toute autre question qui a principalement été posée sur les réseaux sociaux: où sont les filles? Allez, facile: DANS. TON. CUL. Facile mais j'ai dans ma besace plus plombant encore. En effet, si une scène musicale essentiellement masculine est représentée sur la couverture d'un magazine par une photo avec tout un tas de mecs dessus, j'appelle ça de l'info. Si on y ajoute des filles alors que celles-ci n'ont dans ce "rap-game" qu'un rôle marginal ou de coulisses, ça devient par contre autre chose. Du marketing, de la branlette identitaire, de la propagande. Facteur double-fun: ce sont principalement des jeunes femmes travaillant dans les médias et la communication qui ont amené sur les réseaux sociaux cette question de la présence de femmes sur cette photo. On peut dès lors se demander qui parle réellement. Leur féminisme? Ou alors une appréhension problématique du rôle des médias? Oui, c'est quoi, le vrai débat? L'absence de femmes sur la photo ou le fait que la jeune génération active dans les médias confond information et communication? Sur Facebook, on m'a répondu à cette remarque par des insultes et des bisous hautains. Et la tendresse, bordel? Et la déontologie, connasse?

Jeudi: La petite conspiration de la semaine

Je lis dans une gazette américaine qu'il faudrait arrêter de suivre Donald Trump sur Twitter, ne plus accorder la moindre importance à ce qu'il y déblatère. Je lis dans une autre gazette américaine qu'il serait en fait illégal pour Donald Trump de virer certains tweets de son fil, y compris ceux qui comportent des fautes de frappe gênantes. Ma revue de presse terminée, je me demande si je suis le seul à me rappeler qu'il y a quelques mois seulement, on ne donnait plus très cher de la survie de Twitter, qui semble pourtant aujourd'hui plus incontournable que jamais? Forcément, j'en viens à me demander si Donald Trump n'aurait pas conclu un accord secret avec Twitter pour réanimer le site mourant grâce à ses couillonnades. Mais covfefe la police?

Vendredi: Simply the Mayeur

Devinette rigolote et de circonstance: mon premier est bourgmestre de Bruxelles depuis ce matin, ma deuxième est une pouffiasse en plastique de 25 centimètres de haut et mon tout est un célèbre nazi. Je suis, je suis?

Samedi: There can be only one

J'apprends sur le compte Instagram de Jarvis Cocker le décès d'Adam West, l'acteur qui a interprété Batman dans la série télévisée ultra-kitsch des années 60. Je lis un peu partout qu'il a été le premier à le faire, ce qui est absolument faux. Par contre, je suis bien content qu'il est désormais permis de dire publiquement sans passer pour un guignol complet que c'était lui le meilleur d'entre tous. Bien sûr, Adam West n'a jamais été très bon acteur. Son Batman jouissivement stupide reste même carrément plus proche de Pee Wee Herman que du Dark Knight. Michael Keaton, Christian Bale et même Ben Affleck sont bien meilleurs que lui et les films dans lesquels ils interprètent tous le justicier masqué davantage fidèles aux bédés que la série. Et pourtant, JE. PRÉFÈRE. TOUJOURS. UNE. BONNE. GASTRO. QUE. DE. REVOIR. UN. JOUR. UN. BATMAN. DE. CHRISTOPHER. NOLAN. OU. DE. TIM. BURTON. Alors que la série, c'est quand tu veux... Peut-être parce que comme Robocop et Conan Le Barbare, ce Batman-là est bien davantage dans la distance et la rigolade que dans le geekitude. Ouais, voilà, un bon film de super-héros n'est pas un film où l'on se met à y croire, c'est un film qui n'oublie jamais que tout ce que l'on y voit n'est fondamentalement que de la très grosse carabistouille. Le meilleur Batman est mort. Vive le Batman en Lego.

Dimanche: Marketing et déontologie, un dernier point

C'est pas tout ça mais j'ai un livre qui sort aujourd'hui. Et la déontologie, connard?

Twin Peaks, saison 03 épisode 05. Un moment, une fille y sniffe une énorme poutre de cocaïne, regarde en l'air les yeux vitreux et un large sourire fou en travers de la frimousse durant un temps interminable et cette scène qui ressemble pourtant fort à une publicité pour parfums, nuggets de poulets ou vibromasseurs (au choix) devient dans la foulée un tout grand moment de grâce cinématographique pour tout un tas d'idiots-suiveurs du Web. Une dinguerie, un culte, un mème. Une preuve de plus du génie de David Lynch. Mouais. Déjà, ce n'est pas ce que Lynch a fait de mieux (Blue Velvet, en ce qui me concerne, surtout le mort debout). Ensuite, il faudra bien finir par reconnaître que cette nouvelle saison de Twin Peaks est truffée de pains. Des acteurs y jouent très mal, les effets spéciaux sont nazes, le rythme bien davantage malhabile que lent. Dans ce cinquième épisode, on a même droit à ce qui semble carrément être le raccord le plus pourri croisé ces dernières années à la télévision américaine. Je parle de cette scène rapide, à peine visible, où une voiture explose devant un gamin. C'est nul, cheap, digne d'un sketch crado des Snuls ou de ces fameuses bandes-annonces pour le cinéma d'action ougandais. Et puis, tant qu'à troller David Lynch, j'ai beau trouver le néo-féminisme contemporain drôlement zigoto, je pense qu'il faudra un jour aussi s'intéresser de près à sa vision aussi caricaturale qu'adolescente de la femme: soit boudin siphonné, soit bombasse absolue, soit victime qui l'a bien cherché, soit simple élément de décor. Rien d'autre, jamais. À part ça, oui, la musique est vraiment super. Mais doit-on forcément pour l'apprécier se farcir à chaque épisode une scène digne du Taratata de Nagui? David Lynch est-il le nouveau Gérard Pullicino?Je termine la lecture de Rushing to Paradise (La Course au Paradis), un roman de 1994 où JG Ballard imagine l'occupation par des activistes environnementalistes de l'une de ces îles du Pacifique où les Français testent leurs bombes atomiques. Sorti un an avant les essais nucléaires de Chirac, le livre a ses fulgurances. Ses platitudes et ses couillonnades, aussi. Il est loin d'être mauvais mais je ne l'ai pas trouvé très crédible. La faute à Neil, notamment, le héros, un adolescent sportif que fait fantasmer la radioactivité et l'idée d'assister à un essai nucléaire. Des heures durant, je me suis dit que c'était too much. Puis, je suis tombé sur cet article de Vice qui parle de voyages organisés à Tchernobyl. Pour les jeunes Russes désireux d'enterrer leurs vies de célibataires, c'est en effet la nouvelle destination branchée, un vrai paradis alcoolique et narcotique. On les amène dans la zone contaminée et on les y laisse tranquillement se bourrer la gueule et s'envoyer des drogues. Bien. JG Ballard, une fois de plus visionnaire, donc. Comme l'a jadis dit Nick Cave, je suis très content d'avoir enfin atteint un âge où pour rester sociable, je n'ai plus à prétendre aimer une musique qui ne m'intéresse d'aucune sorte. Le rap, en l'occurrence. J'EN. AI. STRICTEMENT. RIEN. À FOUTRE. DU. RAP et l'écrire en caps lock n'est pas qu'un plaisir ou une provocation, c'est surtout une libération. C'est permis aux vieux cons, je n'ai plus à me justifier, youpie. Cela dit, il faut bien reconnaître que Focus a réussi un très beau coup avec sa couverture réunissant à peu près tout ce qui compte dans l'actuelle nouvelle vague de rap belge. Bien sûr, dans la foulée, un esprit contraire comme le mien a quelques questions de nature à fâcher à poser. Ces types sont-ils vraiment si importants que ça? Sont-ils meilleurs sur scène, en studio ou au moment de se la ramener? Qui a le texte le plus con? Où est passée la rage? C'est quoi, ces Vincent Delerm du hip-hop? Qui a payé la tournée de Sprite à la codéine?Pourtant, dans la foulée de cette couverture, c'est une toute autre question qui a principalement été posée sur les réseaux sociaux: où sont les filles? Allez, facile: DANS. TON. CUL. Facile mais j'ai dans ma besace plus plombant encore. En effet, si une scène musicale essentiellement masculine est représentée sur la couverture d'un magazine par une photo avec tout un tas de mecs dessus, j'appelle ça de l'info. Si on y ajoute des filles alors que celles-ci n'ont dans ce "rap-game" qu'un rôle marginal ou de coulisses, ça devient par contre autre chose. Du marketing, de la branlette identitaire, de la propagande. Facteur double-fun: ce sont principalement des jeunes femmes travaillant dans les médias et la communication qui ont amené sur les réseaux sociaux cette question de la présence de femmes sur cette photo. On peut dès lors se demander qui parle réellement. Leur féminisme? Ou alors une appréhension problématique du rôle des médias? Oui, c'est quoi, le vrai débat? L'absence de femmes sur la photo ou le fait que la jeune génération active dans les médias confond information et communication? Sur Facebook, on m'a répondu à cette remarque par des insultes et des bisous hautains. Et la tendresse, bordel? Et la déontologie, connasse?Je lis dans une gazette américaine qu'il faudrait arrêter de suivre Donald Trump sur Twitter, ne plus accorder la moindre importance à ce qu'il y déblatère. Je lis dans une autre gazette américaine qu'il serait en fait illégal pour Donald Trump de virer certains tweets de son fil, y compris ceux qui comportent des fautes de frappe gênantes. Ma revue de presse terminée, je me demande si je suis le seul à me rappeler qu'il y a quelques mois seulement, on ne donnait plus très cher de la survie de Twitter, qui semble pourtant aujourd'hui plus incontournable que jamais? Forcément, j'en viens à me demander si Donald Trump n'aurait pas conclu un accord secret avec Twitter pour réanimer le site mourant grâce à ses couillonnades. Mais covfefe la police?Devinette rigolote et de circonstance: mon premier est bourgmestre de Bruxelles depuis ce matin, ma deuxième est une pouffiasse en plastique de 25 centimètres de haut et mon tout est un célèbre nazi. Je suis, je suis?J'apprends sur le compte Instagram de Jarvis Cocker le décès d'Adam West, l'acteur qui a interprété Batman dans la série télévisée ultra-kitsch des années 60. Je lis un peu partout qu'il a été le premier à le faire, ce qui est absolument faux. Par contre, je suis bien content qu'il est désormais permis de dire publiquement sans passer pour un guignol complet que c'était lui le meilleur d'entre tous. Bien sûr, Adam West n'a jamais été très bon acteur. Son Batman jouissivement stupide reste même carrément plus proche de Pee Wee Herman que du Dark Knight. Michael Keaton, Christian Bale et même Ben Affleck sont bien meilleurs que lui et les films dans lesquels ils interprètent tous le justicier masqué davantage fidèles aux bédés que la série. Et pourtant, JE. PRÉFÈRE. TOUJOURS. UNE. BONNE. GASTRO. QUE. DE. REVOIR. UN. JOUR. UN. BATMAN. DE. CHRISTOPHER. NOLAN. OU. DE. TIM. BURTON. Alors que la série, c'est quand tu veux... Peut-être parce que comme Robocop et Conan Le Barbare, ce Batman-là est bien davantage dans la distance et la rigolade que dans le geekitude. Ouais, voilà, un bon film de super-héros n'est pas un film où l'on se met à y croire, c'est un film qui n'oublie jamais que tout ce que l'on y voit n'est fondamentalement que de la très grosse carabistouille. Le meilleur Batman est mort. Vive le Batman en Lego. C'est pas tout ça mais j'ai un livre qui sort aujourd'hui. Et la déontologie, connard?