Pour Ecolo, il est "urgent que le Fédéral prenne lui aussi sa part de responsabilité et vienne en aide aux acteurs de ce secteur", qui serait l'un des plus touchés par la crise du coronavirus.

Mardi, la ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles Bénédicte Linard (Ecolo) avait déjà estimé devant les députés que la Fédération ne serait pas à même d'appréhender seule toutes les difficultés qui se présentent aujourd'hui aux acteurs du monde culturel suite à la crise pandémique (voir encadré).

Mardi également, plusieurs fédérations culturelles ont adressé une lettre au gouvernement fédéral afin que celui-ci "prenne en compte leurs spécificités dans la gestion sociale de la crise", demandant la signature sans attendre d'un arrêté royal prévoyant l'accès au chômage temporaire pour les artistes et les intermittents du spectacle.

Les appels se multiplient donc pour que le fédéral entre en jeu de manière plus décisive.

Du côté du cinéma et des arts de la scène, qui sont aussi à l'arrêt depuis que les rassemblements sont proscrits, on s'interroge également ces derniers jours sur le tax shelter, un système crucial pour le financement de ces secteurs. Les professionnels demandent entre autres de relever le plafond d'exonération fiscale dont peuvent bénéficier les entreprises qui investissent dans le tax shelter.

La culture est le secteur le plus durement touché par la crise

La ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles Bénédicte Linard (Ecolo) a tiré mardi un sombre bilan de l'impact de la crise actuelle pour le secteur culturel dans son ensemble, lequel a perdu 93% de ses recettes propres en raison des effets de la pandémie de Covid-19.

Bénédicte Linard (Ecolo), ministre wallonne de l'Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des Femmes, BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ
Bénédicte Linard (Ecolo), ministre wallonne de l'Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des Femmes © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

"Le secteur culturel est le secteur le plus touché par la crise économique", a jugé Bénédicte Linard lors d'un long échange mardi avec des députés en commission du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Ses effets se feront non seulement sentir sur la saison actuelle, mais aussi sur la saison prochaine et également la suivante", a-t-elle averti, plaidant pour des "solutions d'amortissement de la crise" étalées sur plusieurs années.

Face à l'urgence et pour sauver nombre d'opérateurs du naufrage, Mme Linard a rappelé mardi que l'arc-en-ciel fédératif avait décidé de maintenir le versement de toutes les subventions prévues au bénéfice des opérateurs culturels subventionnés.

Par ailleurs, quelque 8,6 millions d'euros ont déjà été réservés dans le fonds d'urgence mis sur pied il y a un mois par le gouvernement de la Fédération pour venir en aide aux différents secteurs de sa compétence (accueil de l'enfance, culture, sports...) affectés par la crise sanitaire.

Devant les députés, Bénédicte Linard a annoncé mardi que le formulaire de demande d'aides pour le secteur culturel serait en ligne "d'ici la fin de la semaine". Les opérateurs disposeront à partir de ce moment d'un délai de dix jours pour introduire leur demande de soutien.

En raison des mesures de confinement décidées par le Conseil national de sécurité (CNS), l'ensemble des salles de spectacles (théâtre, concerts...) et événements culturels du pays ont été contraints à l'arrêt net de leurs activités. Activités de masse par définition, ces événements culturels devraient logiquement être parmi les derniers à bénéficier de la levée des mesures de confinement.

Devant les députés, la ministre a averti que la Fédération Wallonie-Bruxelles ne serait pas à même d'appréhender seule toutes les difficultés qui se présentent aujourd'hui aux acteurs du monde culturel suite à la crise pandémique. "Une partie des solutions se trouve dans les mains du Fédéral", a-t-elle commenté, évoquant tout le débat sur le statut des artistes, leur accès au chômage temporaire, ainsi que le tax-shelter.

Mme Linard a notamment évoqué mardi la récente proposition de la ministre fédérale de l'Emploi Nathalie Muylle relative au statut d'artiste. Selon elle, le texte sur la table "n'est pas suffisant", a-t-elle jugé, précisant que le gouvernement de la Fédération avait d'ailleurs renvoyé une série de remarques sur le texte à la ministre Muylle.

Bénédicte Linard a encore plaidé mardi pour qu'une conférence interministérielle (CIM) sur la Culture puisse se réunir rapidement pour évoquer toutes les questions culturelles relevant de différents niveaux de pouvoir.

Pour Ecolo, il est "urgent que le Fédéral prenne lui aussi sa part de responsabilité et vienne en aide aux acteurs de ce secteur", qui serait l'un des plus touchés par la crise du coronavirus. Mardi, la ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles Bénédicte Linard (Ecolo) avait déjà estimé devant les députés que la Fédération ne serait pas à même d'appréhender seule toutes les difficultés qui se présentent aujourd'hui aux acteurs du monde culturel suite à la crise pandémique (voir encadré). Mardi également, plusieurs fédérations culturelles ont adressé une lettre au gouvernement fédéral afin que celui-ci "prenne en compte leurs spécificités dans la gestion sociale de la crise", demandant la signature sans attendre d'un arrêté royal prévoyant l'accès au chômage temporaire pour les artistes et les intermittents du spectacle.Les appels se multiplient donc pour que le fédéral entre en jeu de manière plus décisive. Du côté du cinéma et des arts de la scène, qui sont aussi à l'arrêt depuis que les rassemblements sont proscrits, on s'interroge également ces derniers jours sur le tax shelter, un système crucial pour le financement de ces secteurs. Les professionnels demandent entre autres de relever le plafond d'exonération fiscale dont peuvent bénéficier les entreprises qui investissent dans le tax shelter.