Vernon Subutex on stage

LES 02 ET 03/12, AU THÉÂTRE ROYAL DE NAMUR. WWW.THEATREDENAMUR.BE

Passionnant de plonger dans un roman qui scrute l'esprit d'une génération. On repense aux Choses de Perec, à Génération X de Douglas Coupland, aux Particules élémentaires de Houellebecq. Encore plus lorsqu'il s'agit de sa génération, comme avec Vernon Subutex de Virginie Despentes, que porte à la scène le metteur en scène-acteur René Georges. Le roman s'attache à la génération punk-rock qui avait 20 ans dans les années 90. La question: "A 20 ans, ils étaient punk, à l'approche de la cinquantaine à quoi ressemble leur vie?" L'occasion d'une "comédie humaine" introspective des années 2000-2015 et son lot de violences, économiques, sociales, politiques, relationnelles, culturelles, individualistes... Soyons lâches n'ayons l'air de rien? Le héros du roman, Vernon Subutex, disquaire populaire à Paris, a fait faillite avec l'arrivée du numérique. A la rue, l'homme (resté dandy-rock) fait la tournée de ses potes pour grappiller quelques nuits. A cela s'ajoute un brin de polar autour d'une interview posthume d'une star suicidée.

Les deux tomes (une trilogie est prévue) alignent près de 800 pages. Pour la scène, René Georges a, comme une évidence, glissé la bête dans une partition à trois arts: la musique live (Kris Dane), l'acteur-narrateur (lui) et la vidéo (Xavier Istasse). "C'est comme un concert global où l'acteur se met dans le groove de la musique, où la vidéo interroge aussi le livre. Xavier Istasse a filmé les lieux du roman, de superbes portraits de gens, mais a aussi créé des images inspirées de la culture graphique punk, de l'esprit fanzine. La musique imaginée par Kris montre l'errance, avec des moments d'apaisement et des moments plus "garage". Moi, je me suis collé à Vernon, sur la dimension politique du roman et l'aspect humain, les rendez-vous de la vie qu'on rate, la solitude qui arrive très vite. Le système peut avaler n'importe qui et l'éjecter à la rue. Mais Vernon ne veut pas revenir au système. Il y a une partie de fureur et une autre de résilience. J'ai choisi des morceaux sans rien changer à l'écriture, en essayant de préserver le souffle et les élans du roman. J'ai repensé aux Ailes du désir, à cette dimension cachée du ciel qu'on ne regarde plus. J'ai voulu ce spectacle en danger, sur le fil. On est plus proche de la Beat Generation que du punk-rock." (N.A.)

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Still Burning

DU 03 AU 10/12, AU KAAITHEATER À BRUXELLES, WWW.KAAITHEATER.BE

Pieter Ampe et Benjamin Verdonck © Phile Deprez

En 2006, l'année de la sortie du documentaire d'Al Gore An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange), le Kaai lançait la première édition du festival Burning Ice, interrogeant la manière dont les artistes peuvent prendre position par rapport aux changements climatiques et à la crise économique, et participer à la réflexion sur la transition vers une société durable. L'édition 2016 garde le cap et propose une dizaine de performances qui démontent le fonctionnement de nos sociétés et/ou ouvrent de nouvelles perspectives. Pieter Ampe, à la base plutôt danseur, et Benjamin Verdonck, à la base plutôt acteur, s'emparent ensemble des Quatre Saisons de Vivaldi -oeuvre déjà revisitée à toutes les sauces mais tombant sous le sens pour aborder les perturbations climatiques dues au global warming- et livrent dans We Don't Speak to Be Understood une "symphonie concertante désarticulée". Myriam Van Imschoot revient à Burning Ice avec What Nature Says, un spectacle sur les relations sonores entre l'homme et l'environnement. Hedvig Biong, Pablo Castilla, Niko Hafkenscheid se penchent sur le concept de "sud" dans le mini-opéra Syden, inspiré par des interviews de touristes. Quant à la Néo-Zélandaise basée à Bruxelles Kate McIntosh, elle propose avec Worktable une installation live à vivre individuellement pour fracasser (littéralement) des objets du quotidien et mettre en pièces (au figuré) nos habitudes de production et de consommation. Signalons encore que cette dixième édition de Burning Ice sera la dernière, l'événement fusionnant l'année prochaine avec le festival Kanal afin de lier l'écologique et l'interculturel. (E.S.)

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Party Harders - 10 Years Party

LE 02/12, À L'ESPACE GEORGES TRUFFAUT, LIÈGE. WWW.FACEBOOK.COM/EVENTS/203890436701152

Le collectif liégeois Party Harders fête ses dix ans. Dix ans de soirées, de graphisme déjanté et d'amitiés qui comptent. Un livre d'archives photographiques sort pour la même occasion, et une grosse fête aura lieu à Liège pour l'accompagner. Avec les "amis du premier jour et de toujours" du collectif, soit le Ed Banger Crew avec Busy P et So-Me en maîtres de cérémonie. - Notre article

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Open Street Festival

LE 03/12 À L'ESPACE GEORGES TRUFFAUT, LIÈGE. WWW.FACEBOOK.COM/EVENTS/956775374465884

Organisé par la plateforme Spray Can Arts, ce festival des arts urbains aura lieu, pour sa troisième édition, ce samedi 3 décembre. Fresque, expo, deejaying et turntablism au programme. Le line-up des concerts est on ne peut plus belge, avec: Convok, King Lee, Isha, STR, Little Mike, Skillz Machine, Le 77, Mariah Kaaris et Johnny Golden. Considérant la "party" de la veille, au même endroit d'ailleurs, on risque de dormir peu ce week-end à Liège. Dour en hiver? (D.S.)

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Festival du cinéma méditerranéen

DU 02 AU 09/12, À BRUXELLES. WWW.CINEMAMED.BE

Kristen Stewart dans Personal Shopper d'Olivier Assayas © DR

Seizième édition pour le Festival du Cinéma Méditerranéen, apparu en 1989 et se voulant depuis espace de dialogue et d'échange entre le Nord et le Sud, ainsi qu'entre les populations d'origines diverses à Bruxelles, films, mais aussi débats, expositions, concerts et jusqu'à un marché à l'appui. Se déployant entre le Botanique, Bozar et le cinéma Aventure, le "festival le plus pimenté de Bruxelles" propose une sélection panachant auteurs confirmés et cinéastes en devenir. (J.F.Pl.) - Notre article

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Brussels Cinema Days

JUSQU'AU 4/12, À BOZAR, BRUXELLES. WWW.BOZAR.BE

Changement d'appellation pour les Bozar Cinema Days, qui deviennent Brussels Cinema Days et mettent à l'honneur, 25 ans du programme Media oblige, le cinéma européen. La formule reste pour sa part peu ou prou identique et propose, cinq jours durant, une vingtaine de films, en majorité inédits. (J.F.Pl.) - Notre article

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Peliculatina

JUSQU'AU 4/12, À BRUXELLES. WWW.PELICULATINA.BE

Les "nouvelles frontières", envisagées dans un sens pluriel, constituent le thème central de la cinquième édition de Peliculatina, le festival du cinéma latino-américain et ibérique organisé par la Maison de l'Amérique latine au Vendôme, à Flagey et aux Galeries. (J.F.Pl.) - Notre article

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Howe Gelb

LE 02/12 AU CENTRE CULTUREL RENÉ MAGRITTE, LESSINES. WWW.CCRENEMAGRITTE.BE

Howe Gelb © DR

Loin de n'organiser que l'excellent festival Roots & Roses les 1er mai de chaque année, l'asbl du même nom propose fréquemment des concerts ponctuels qui sentent bon le blues, la folk, le rock'n'roll ou le garage. Rendez-vous est donné ce vendredi avec Howe Gelb, soit le leader charismatique des Tucsoniens de Giant Sand, qui vient ici présenter son nouvel album Future Standards en formule piano trio.

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Puur Belge

LE 2/12 AU VK, 1080 BRUXELLES. WWW.VKCONCERTS.BE

Le Vaartkapoen molenbeekois programme le meilleur du rock bruyant made in Belgium ce vendredi, soit Cocaine Piss (les riot grrrls ne sont pas mortes), It It Anita (l'esprit de Sonic Youth non plus), My Diligence (produits par Didier Moens de La Muerte) et Massis. AAAAAH!

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Saul Leiter - rétrospective

JUSQU'AU 29 JANVIER AU FOMU À ANVERS. WWW.FOTOMUSEUM.BE

Saul Leiter, Snow © The Real Estate of Saul Leiter

"J'ai été ignoré une bonne partie de ma vie. Une situation qui me convenait très bien. Passer inaperçu est un privilège. Cela m'a notamment permis de voir ce que les autres ne voyaient pas et de réagir différemment aux situations qui se présentaient." Ainsi s'exprimait Saul Leiter (1923-2013) lors de la rétrospective que lui consacrait la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris en 2008. Aucune trace d'amertume donc chez le photographe américain qui aura pourtant dû attendre la fin des années 90 pour voir son travail personnel reconnu à sa juste valeur. Jusque-là, il était surtout recherché comme photographe de mode, son lyrisme vaporeux faisant les beaux jours de magazines comme Harper's Bazaar dès la fin des années 50. Ironie du sort, depuis qu'une galerie new-yorkaise l'a sorti du purgatoire commercial, ce natif de Pittsburgh est célébré un peu partout, comme si le milieu artistique cherchait à se faire pardonner sa myopie. C'est au tour d'Anvers de l'accueillir, avec un bel échantillon de tableaux et tirages de celui qui fut l'un des pionniers de la photo couleur. Dès 1948, soit bien avant Stephen Shore, et alors que cette innovation technologique est jugée vulgaire par la plupart des artistes, il capte les vibrations chromatiques de Big Apple, où il s'est installé deux ans plus tôt. Pour faire des économies, il utilise des films périmés, nappant ses compositions de couleurs délavées. Dans ses clichés à la limite de l'expressionnisme abstrait -une étiquette revendiquée dans ses peintures, où explose son talent de coloriste-, les individus défilent comme des spectres évanescents prisonniers d'un nuage de vapeur, d'un rideau de pluie ou d'un grésillement de flocons. Autant que l'architecture, les éléments naturels sont des acteurs de son théâtre urbain. Contemporain de Robert Frank et de Diane Arbus, dont il fut proche et avec lesquels il partage le goût des scènes de rue et de l'inattendu, cet admirateur de Vuillard se distingue par une approche viscéralement poétique de la ville. Plus que le visible, il cherche à capter les atmosphères, en noir et blanc ou dans des teintes tamisées qui ont fait école, infusant l'esthétique vintage chère aux utilisateurs d'Instagram et inspirant des réalisateurs portés vers la mélancolie et la nostalgie, Todd Haynes en tête. Certains plans de Carol reproduisent ainsi quasi à l'identique la grammaire du photographe: vues en embuscade, personnages retranchés derrière des vitres ruisselantes, cadrages au cordeau... Une ponction naturelle, la pellicule de Leiter dégageant elle-même de puissantes bouffées cinématographiques. Ses films immobiles débusquent dans le monde réel sa part de mystère et d'envoûtement. (L.R.)

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Sorties cinéma de la semaine

Notre film de la semaine: Sangue del mio sangue ****, de Mario Bellocchio: seuls Luis Bunuel et Manoel de Oliveira ont su tutoyer le blasphème d'aussi passionnante façon!

Sully ****, le nouveau film admirable de Clint Eastwood sur le pilote du vol 1549.

King of the Belgians ***, Groland à la belge.

Revengeance (La Vengeresse) ***(*), le rêve américain à la moulinette de l'humour déjanté de Bill Plympton.

Vaiana, la légende du bout du monde ***, le Disney de Noël écolo, loin du naufrage auquel on pouvait s'attendre.

En amont du fleuve **, avec Olivier Gourmet et Sergi Lopez, laconique et trop explicite.