La culture est l'un des secteurs les plus durement touchés par la crise mais, paradoxalement, il est aussi l'un des plus oubliés. Au fil des comités de concertation, le mot "culture" est le grand absent. Ce silence en dit long sur les priorités de nos gouvernements qui laissent largement ouverts certains robinets tandis que celui de la création, de la découverte, de l'expression, de l'échange, des retrouvailles et du regard critique reste encore aujourd'hui bien fermé. Ce choix contraste radicalement avec ce qui se vit dans la population. Le métro-boulot-dodo a assez duré pour le public et les travailleurs du secteur culturel qui ne cessent de faire du bruit pour réclamer une réouverture progressive. La reprise complète est par contre encore loin et l'urgence sociale se fait de plus en plus rude pour des milliers de travailleurs. En attendant la concrétisation des débats sur la réouverture, de nouvelles aides doivent être débloquées à la hauteur des besoins, ce qui est loin d'être le cas actuellement.

Malgré l'extension du chômage temporaire, beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté depuis un an et pour encore des mois. Ils doivent pourtant continuer d'assumer des frais parfois liés à leur activité. Des appels à projet ont été lancés pour soutenir le secteur culturel mais comme le disait si bien une artiste: "Dans l'horeca, est-ce qu'on demande à deux restaurateurs de proposer la meilleure pizza pour ensuite décider lequel recevra une aide ou non?" Ce sont en effet des concours où il y a des gagnants, des perdants et toute une série de métiers qui ne peuvent y participer.

À Bruxelles, deux séries d'aides directes de 1.500 euros ont été mises en place dès la première vague pour soutenir les personnes les plus durement touchées par la crise. Cela ne résout pas tout mais permet au moins de respirer un peu, de payer ses factures et de remplir son frigo. En Flandre aussi, ce type d'aide a été proposé en soutien à d'autres mesures. Mais rien du côté wallon. Nous parlons pourtant de 60.000 travailleurs et travailleuses de la culture(1).

Plusieurs propositions d'aides directes ont été déposées tant au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qu'au Parlement wallon. Celles-ci ont été balayées d'un revers de la main pour cause de complexité institutionnelle que certaines Régions parviennent à surmonter mais pas d'autres. Quoi qu'il en soit, l'injustice demeure, tout comme cette question: "Pourquoi un travailleur de la culture domicilié en Wallonie n'a-t-il toujours reçu aucune aide directe tandis qu'un travailleur de la culture bruxellois a pu être soutenu par deux fois?"

Les signataires de cet appel soutiennent la nécessité et l'urgence de mettre en place ce type d'aide directe en priorité pour les travailleurs et travailleuses de la culture qui n'en ont pas eu. Il est plus que temps de reconnaître leur contribution d'une valeur inestimable à notre société en permettant à celles et ceux qui nous offriront de belles retrouvailles culturelles de vivre dignement aujourd'hui.

Amandine Pavet, députée PTB.

(1) Chiffres du rapport Le poids économique des Industries culturelles et créatives en Wallonie et à Bruxelles de l'IWEPS (2014)

Signataires de l'appel: Metal - Mouvement des Étudiant.e.s Travailleu.r.euse.s des Arts en Lutte / Fabrice Murgia - Directeur du Théâtre national Wallonie-Bruxelles / Stéphanie Paermentier - Secrétaire Nationale Non Marchand CNE / Catherine Legros - Directrice d'Article 27 Wallonie / Le groupe #BalanceTaCrise / Annabelle Locks - Costumière / Christian Halkin - Technicien / Le groupe Bas les masques - Belgique / Raphaëlle Bruneau - comédienne / Clément Manuel - Acteur / Claire Allard - Photographe-Autrice / Alberto Di Lena - Musicien / Caspar - Artiste plasticien / Mario Franssen - Directeur de ManiFiesta / Les Souffleuses de Chaos ASBL / Boris Prager - Comédien.

La culture est l'un des secteurs les plus durement touchés par la crise mais, paradoxalement, il est aussi l'un des plus oubliés. Au fil des comités de concertation, le mot "culture" est le grand absent. Ce silence en dit long sur les priorités de nos gouvernements qui laissent largement ouverts certains robinets tandis que celui de la création, de la découverte, de l'expression, de l'échange, des retrouvailles et du regard critique reste encore aujourd'hui bien fermé. Ce choix contraste radicalement avec ce qui se vit dans la population. Le métro-boulot-dodo a assez duré pour le public et les travailleurs du secteur culturel qui ne cessent de faire du bruit pour réclamer une réouverture progressive. La reprise complète est par contre encore loin et l'urgence sociale se fait de plus en plus rude pour des milliers de travailleurs. En attendant la concrétisation des débats sur la réouverture, de nouvelles aides doivent être débloquées à la hauteur des besoins, ce qui est loin d'être le cas actuellement.Malgré l'extension du chômage temporaire, beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté depuis un an et pour encore des mois. Ils doivent pourtant continuer d'assumer des frais parfois liés à leur activité. Des appels à projet ont été lancés pour soutenir le secteur culturel mais comme le disait si bien une artiste: "Dans l'horeca, est-ce qu'on demande à deux restaurateurs de proposer la meilleure pizza pour ensuite décider lequel recevra une aide ou non?" Ce sont en effet des concours où il y a des gagnants, des perdants et toute une série de métiers qui ne peuvent y participer.À Bruxelles, deux séries d'aides directes de 1.500 euros ont été mises en place dès la première vague pour soutenir les personnes les plus durement touchées par la crise. Cela ne résout pas tout mais permet au moins de respirer un peu, de payer ses factures et de remplir son frigo. En Flandre aussi, ce type d'aide a été proposé en soutien à d'autres mesures. Mais rien du côté wallon. Nous parlons pourtant de 60.000 travailleurs et travailleuses de la culture(1). Plusieurs propositions d'aides directes ont été déposées tant au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qu'au Parlement wallon. Celles-ci ont été balayées d'un revers de la main pour cause de complexité institutionnelle que certaines Régions parviennent à surmonter mais pas d'autres. Quoi qu'il en soit, l'injustice demeure, tout comme cette question: "Pourquoi un travailleur de la culture domicilié en Wallonie n'a-t-il toujours reçu aucune aide directe tandis qu'un travailleur de la culture bruxellois a pu être soutenu par deux fois?"Les signataires de cet appel soutiennent la nécessité et l'urgence de mettre en place ce type d'aide directe en priorité pour les travailleurs et travailleuses de la culture qui n'en ont pas eu. Il est plus que temps de reconnaître leur contribution d'une valeur inestimable à notre société en permettant à celles et ceux qui nous offriront de belles retrouvailles culturelles de vivre dignement aujourd'hui.Amandine Pavet, députée PTB.(1) Chiffres du rapport Le poids économique des Industries culturelles et créatives en Wallonie et à Bruxelles de l'IWEPS (2014)Signataires de l'appel: Metal - Mouvement des Étudiant.e.s Travailleu.r.euse.s des Arts en Lutte / Fabrice Murgia - Directeur du Théâtre national Wallonie-Bruxelles / Stéphanie Paermentier - Secrétaire Nationale Non Marchand CNE / Catherine Legros - Directrice d'Article 27 Wallonie / Le groupe #BalanceTaCrise / Annabelle Locks - Costumière / Christian Halkin - Technicien / Le groupe Bas les masques - Belgique / Raphaëlle Bruneau - comédienne / Clément Manuel - Acteur / Claire Allard - Photographe-Autrice / Alberto Di Lena - Musicien / Caspar - Artiste plasticien / Mario Franssen - Directeur de ManiFiesta / Les Souffleuses de Chaos ASBL / Boris Prager - Comédien.