Il y eut sur ces draps blancs et froissés nous explique-t-on, trois dormeuses qui le soir du vernissage s'étaient couchées et demeuraient immobiles, les yeux fermés. Le sommeil serait donc le sujet et avec lui, l'univers du rêve qui ne connait ni temps, ni espace. Le rêve et ses récits fragmentés qui alors, en des instants fugaces, porte les désirs et les peurs universels qui, comme pourraient l'indiquer ces milliers de fis entrecroisés, nous relient les uns aux autres.

Chiharu Shiota avait impressionné avec une autre installation, rouge cette fois, présentée lors de la dernière biennale de Venise dans le pavillon japonais. Elle y avait disposé des barques, comme des mains, accueillant dans les brumes de milliers de fils entrelacés, 100.000 clés recueillies avec patience. Dans ce monde flottant, elles gardaient secrètes, les intimités suspendues.

Tout comme l'oeuvre vénitienne, celle-ci, intitulée Sleepy is like Death, s'ancre dans la conception shintoïste du monde qui instaure l'unité des liens unissant l'homme, la nature et les esprits. Entre le rêve et la réalité, les limites se diluent. L'installation, à son tour, pointe les oppositions mais les réunit. La présence cohabite avec son contraire, l'envol avec la pesanteur. A nous d'imaginer au-delà de cet espace figé, la présence d'un souffle lent qui soulèverait avec irrégularité les voiles noirs qu'au Japon, on pourrait alors personnifier par un fantôme aux longs cheveux noirs.

Chiharu Shiota Sleeping is like death, Bruxelles, Galerie Daniel Templon. 13 A Rue Veydt. Du Ma au Sa de 11 à 18 heures. Jusqu'au 20 février.

Il y eut sur ces draps blancs et froissés nous explique-t-on, trois dormeuses qui le soir du vernissage s'étaient couchées et demeuraient immobiles, les yeux fermés. Le sommeil serait donc le sujet et avec lui, l'univers du rêve qui ne connait ni temps, ni espace. Le rêve et ses récits fragmentés qui alors, en des instants fugaces, porte les désirs et les peurs universels qui, comme pourraient l'indiquer ces milliers de fis entrecroisés, nous relient les uns aux autres. Chiharu Shiota avait impressionné avec une autre installation, rouge cette fois, présentée lors de la dernière biennale de Venise dans le pavillon japonais. Elle y avait disposé des barques, comme des mains, accueillant dans les brumes de milliers de fils entrelacés, 100.000 clés recueillies avec patience. Dans ce monde flottant, elles gardaient secrètes, les intimités suspendues. Tout comme l'oeuvre vénitienne, celle-ci, intitulée Sleepy is like Death, s'ancre dans la conception shintoïste du monde qui instaure l'unité des liens unissant l'homme, la nature et les esprits. Entre le rêve et la réalité, les limites se diluent. L'installation, à son tour, pointe les oppositions mais les réunit. La présence cohabite avec son contraire, l'envol avec la pesanteur. A nous d'imaginer au-delà de cet espace figé, la présence d'un souffle lent qui soulèverait avec irrégularité les voiles noirs qu'au Japon, on pourrait alors personnifier par un fantôme aux longs cheveux noirs.Chiharu Shiota Sleeping is like death, Bruxelles, Galerie Daniel Templon. 13 A Rue Veydt. Du Ma au Sa de 11 à 18 heures. Jusqu'au 20 février.