STANLEY KUBRICK PHOTOGRAPHER, MUSÉES DES BEAUX-ARTS, BRUXELLES, DU 21/03 AU 01/07.

La légende veut que ses débuts dans la profession remontent au 12 avril 1945 lorsque, avisant le gérant d'un kiosque à journaux en larmes devant la manchette d'un quotidien annonçant la mort de Franklin D. Roosevelt, le tout jeune Kubrick (il n'a que 16 ans à peine) en fasse la photo, avant d'aller la proposer à la rédactrice en chef du magazine new-yorkais Look . Ce sera le début d'une collaboration longue de cinq ans, qui verra le futur réalisateur multiplier les portraits (de stars de cinéma, notamment), les enquêtes à thème et les reportages sociaux.

Les 130 tirages ici rassemblés se veulent représentatifs du travail de Kubrick photographe, et offrent une vision de la société américaine au sortir de la guerre. L'idée de portrait de groupe est au coeur de la présentation, et a décidé d'une organisation des photographies dans leur qualité documentaire: scène criminelle, vie d'un cireur de chaussures, panorama des acteurs d'un campus universitaire... Si l'influence de grands maîtres est perceptible, de Walker Evans à Weegee, le Kubrick cinéaste se profile déjà -la construction en séquence de ses reportages témoigne d'une conception toute cinématographique. Du reste, son premier film, The Day of the Fight, en 1951, découle directement de son travail de photographe, en l'occurrence, un photo-récit consacré, en 1949, au boxeur Walter Cartier. Judicieux prolongement de l'exposition, la Cinematek proposera, à cette occasion, une rétrospective des films de Stanley Kubrick. A (re)découvrir Eyes Wide Open, en l'occurrence...

J.F. PL.