Je suis en train de lire Zebulon de Rudolph Wurlitzer (alias The Drop Edge of Yonder, sorti en 2008) et c'est une sale histoire. Pas tant parce que c'est un western violent, psychédélique et néanmoins comique. Des comme ça, on en a vu d'autres: une grosse poignée de spaghetti déjà et puis aussi El Topo, The Ballad of Buster Scruggs et Dead Man, de Jim Jarmusch. Justement, Zebulon est surtout une sale histoire parce que Dead Man existe. C'est qu'avant de devenir un roman en 2008, Zebulon a traîné une trentaine (!) d'années sous forme de scénario dans les coulisses hollywoodiennes. Sam Peckinpah voulait le réaliser mais il est mort. Hal Ashby était intéressé mais il est mort. Alex Cox voulait le faire, avec Richard Gere dans le rôle principal, mais le projet a avorté. Script maudit? Disons qu'il faisait à la fois fort envie et toutefois un peu peur, puisque c'était du jamais vu, donc du bien risqué: l'idée du dharma bouddhiste, cet état où l'on ne sait plus trop si on est vivant ou si on est mort, transposée dans une comédie amère hyper-violente avec des trappeurs, des chercheurs d'or, des bandits mexicains et des Peaux-Rouges; tous plus bizarres et outranciers les uns que les autres.
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