Ce n'est pas tous les jours que la Belgique peut se permettre un chauvinisme presque français (rappelons rapidement que trois actrices belges ont également été nommées). Enfin Belgique... Je serai parmi les amandiers est en partie financé par la Belgique certes mais réalisé dans le port de Lorient par une Bretonne qui a étudié à l'IAD. Un bel hybride franco-belge donc en lice face à L'Aventure atomique de Loïc Barché, à Baltringue de Josza Anjembe, à Qu'importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui et à Un Adieu de Mathilde Profit.

"Après l'école, j'ai eu envie de retourner dans la ville de mes origines, Lorient. Et plus particulièrement j'avais envie de filmer le port de Kéroman et le quartier du Péristyle, explique la réalisatrice Marie Le Floc'h. Au départ peut être plus pour des raisons affectives et irrationnelles: mon père y a grandi. Mais au final, le désir de ce lieu s'est conscientisé: c'est un lieu qui raconte beaucoup de choses sur le monde d'aujourd'hui, et qui est en même temps très cinématographique, tant par l'espace que par les personnes qui y gravitent."

Parlons un peu de l'histoire. Le court de Marie le Floc'h présente deux demandeurs d'asile qui obtiennent leur permis de séjour. Dans un décor industriel et maritime, ce sont les yeux plus que les mots qui font passer le message d'amour-haine sensible et soumis à la pression sociale de l'administration. Une histoire inspirée de son propre vécu et de rencontre que la réalisatrice a pu faire autour de cet établi de poissonnerie. Elle développe: "Je crois qu'au final il y a quelque chose dans l'exil de l'ordre de l'abandon qui est pour moi très parlant, le fait de perdre ses appartenances (...) L'exil peut nous confronter au plus profond de ce que nous sommes et il est peut être à la fois une perte et une quête de soi-même. Et du coup c'est un espace formidable pour explorer des questionnements qui nous sont propres à chacun".

Verdict le 12 mars 2021, lors de la Nuit des César diffusée sur Canal+ et en direct depuis l'Olympia.

Charles Christiaens

Ce n'est pas tous les jours que la Belgique peut se permettre un chauvinisme presque français (rappelons rapidement que trois actrices belges ont également été nommées). Enfin Belgique... Je serai parmi les amandiers est en partie financé par la Belgique certes mais réalisé dans le port de Lorient par une Bretonne qui a étudié à l'IAD. Un bel hybride franco-belge donc en lice face à L'Aventure atomique de Loïc Barché, à Baltringue de Josza Anjembe, à Qu'importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui et à Un Adieu de Mathilde Profit."Après l'école, j'ai eu envie de retourner dans la ville de mes origines, Lorient. Et plus particulièrement j'avais envie de filmer le port de Kéroman et le quartier du Péristyle, explique la réalisatrice Marie Le Floc'h. Au départ peut être plus pour des raisons affectives et irrationnelles: mon père y a grandi. Mais au final, le désir de ce lieu s'est conscientisé: c'est un lieu qui raconte beaucoup de choses sur le monde d'aujourd'hui, et qui est en même temps très cinématographique, tant par l'espace que par les personnes qui y gravitent."Parlons un peu de l'histoire. Le court de Marie le Floc'h présente deux demandeurs d'asile qui obtiennent leur permis de séjour. Dans un décor industriel et maritime, ce sont les yeux plus que les mots qui font passer le message d'amour-haine sensible et soumis à la pression sociale de l'administration. Une histoire inspirée de son propre vécu et de rencontre que la réalisatrice a pu faire autour de cet établi de poissonnerie. Elle développe: "Je crois qu'au final il y a quelque chose dans l'exil de l'ordre de l'abandon qui est pour moi très parlant, le fait de perdre ses appartenances (...) L'exil peut nous confronter au plus profond de ce que nous sommes et il est peut être à la fois une perte et une quête de soi-même. Et du coup c'est un espace formidable pour explorer des questionnements qui nous sont propres à chacun".Verdict le 12 mars 2021, lors de la Nuit des César diffusée sur Canal+ et en direct depuis l'Olympia.Charles Christiaens