Voilà quelques années déjà que l'on déplore le manque criant d'inspiration du cinéma hollywoodien, plus prompt à aligner des remakes paresseux ou à investir dans des franchises rentables qu'à produire des oeuvres ambitieuses. Si les suites, prequels et autres séries dérivées saturent désormais les grands écrans, un autre phénomène est venu s'y greffer ces derniers temps avec le recyclage de classiques. En l'espèce, Disney a montré la voie, exploitant (indépendamment de la galaxie Marvel et de ses ...

Voilà quelques années déjà que l'on déplore le manque criant d'inspiration du cinéma hollywoodien, plus prompt à aligner des remakes paresseux ou à investir dans des franchises rentables qu'à produire des oeuvres ambitieuses. Si les suites, prequels et autres séries dérivées saturent désormais les grands écrans, un autre phénomène est venu s'y greffer ces derniers temps avec le recyclage de classiques. En l'espèce, Disney a montré la voie, exploitant (indépendamment de la galaxie Marvel et de ses cohortes de super-héros) deux filons parallèles dégageant force profits. A savoir, d'une part, la reprise de ses chefs-d'oeuvre animés en live action, les Alice au pays des merveilles, Cendrillon et autres La Belle et la Bête étant remis au goût du jour avec des fortunes diverses; une manne pratiquement inépuisable, en tout état de cause, et l'on attend, non sans curiosité, de découvrir un Dumbo à la mode Tim Burton annoncé en mars 2019. Et, d'autre part, la relance de la saga Star Wars, opération dont le premier volet, The Force Awakens, tenait, par endroits, du clonage de l'original de 1977 - fidèle au point de pouvoir apparaître pour son remake, sans en avoir l'appellation... Extension de cette logique du recyclage, 2017 aura par ailleurs vu deux films cultes connaître un même ravalement de façade. L'événement de la dernière Berlinale avait ainsi pour nom T2 pour Trainspotting 2, occasion pour le réalisateur écossais Danny Boyle de renouer, vingt ans après, avec les (anti-)héros de l'original, pas totalement rangés des affaires même si objectivement décatis, pour une relecture tout ce qu'il y a de plus honorable. Plus gonflé encore, Denis Villeneuve, le réalisateur de Sicario et Arrival, s'est pour sa part attaqué à une pièce maîtresse du cinéma de science-fiction, le Blade Runner réalisé par Ridley Scott en 1980. Si l'entreprise était assurément casse-pattes, le résultat, un Blade Runner 2049 ultraréférencé, des décors à la présence d'Harrison Ford, mais déployant son univers propre, aura mis tout le monde d'accord: soufflant, tout simplement. A tel point que le film compte sans conteste parmi les meilleurs que l'on ait pu voir ces derniers mois, soutenant allègrement la comparaison avec son modèle. Villeneuve ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, puisqu'on lui prête l'intention de tourner une prochaine version de Dune, d'après l'oeuvre de Frank Herbert. Manière, peut-être, de corriger le tir après le ratage de David Lynch, en 1984. Le recyclage a parfois du bon...