Lorsque Monsieur Grammont, directeur du musée Kléber-Lafayette, à Paris, demande au grand collectionneur Charles Bonnet de lui prêter la petite Venus de Cellini qu'il possède, sa fille Nicole (Audrey Hepburn) manque de s'étrangler. Elle sait que son père est un faussaire génial, et que la sculpture attribuée à Cellini est en réalité son oeuvre -une oeuvre qui...

Lorsque Monsieur Grammont, directeur du musée Kléber-Lafayette, à Paris, demande au grand collectionneur Charles Bonnet de lui prêter la petite Venus de Cellini qu'il possède, sa fille Nicole (Audrey Hepburn) manque de s'étrangler. Elle sait que son père est un faussaire génial, et que la sculpture attribuée à Cellini est en réalité son oeuvre -une oeuvre qui pourrait être exposée au grand public, et donc à la justice, si elle était expertisée. Pour éviter que cela se produise, elle décide de voler la statuette, avec la complicité d'un cambrioleur qu'elle avait surpris dans sa propre maison: un jeune homme séduisant du nom de Simon Dermott (Peter O'Toole). Mais si le duo réussit son coup, c'est pour s'apercevoir que Dermott est lui aussi un faussaire -mais d'une autre espèce: il s'était introduit dans la maison des Bonnet parce qu'il est un expert en faux mandaté par le musée. À la fausse sculpture du vrai faussaire s'oppose donc le faux cambrioleur voulant démontrer la fausseté du faux -tous les deux gravitant autour du charme irrésistible de Nicole, elle-même vraie cambrioleuse par amour pour son père. Que Dermott finisse aussi par tomber amoureux d'elle était à prévoir -car qu'est-ce que l'amour, sinon, comme le disait le grand psychanalyste Jacques Lacan, "donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"? L'amour est un faux Cellini évalué à un million de dollars, une sculpture en toc qui pousse tous ceux qui l'approchent à se démener comme des beaux diables pour qu'elle produise davantage de bonheur que de douleur. Pour William Wyler, qui avait déjà mis en scène Hepburn dans Vacances romaines, où elle se faisait aussi passer pour ce qu'elle n'était pas, il y avait là la vérité de la comédie: c'est elle, et non la tragédie, qui est la forme fondamentale de l'amour.