Cinéaste prolifique - il présentait Joe ici même il y a tout juste un an, qu'avait précédé de quelques mois Prince Avalanche -, David Gordon Green retrouvait ce week-end la compétition vénitienne avec Manglehorn. Le réalisateur texan y esquisse le portrait d'Angelo Manglehorn (Al Pacino), serrurier solitaire de la bourgade de Sunset Valley. Et un misanthrope ou un fantôme, c'est selon, dont les pensées sont accaparées par le souvenir d'un lointain grand amour, à qui il s'échine à écrire des lettres lui revenant invariablement barrées du sceau "return to sender" - un rituel parmi d'autres, pour cet homme semblant arpenter l'existence à la manière d'une ombre...

David Gordon Green a le chic pour raconter des histoires simples en apparence, mais qui tracent un sillon profond, touchant à quelque chose d'essentiel. C'est encore le cas de Manglehorn, dont la mise en scène, aventureuse et immersive, résonne intimement, tant le cinéaste y évolue au plus près de l'humain. Ne livrant toute sa richesse que sur la distance, il y a là une oeuvre mélancolique et sensible, et plus complexe, en définitive, qu'il n'y paraissait - à l'image, en fait, de son personnage central auquel Al Pacino, exceptionnel, apporte une densité peu banale. En un mot comme en cent, une réussite.

Cinéaste prolifique - il présentait Joe ici même il y a tout juste un an, qu'avait précédé de quelques mois Prince Avalanche -, David Gordon Green retrouvait ce week-end la compétition vénitienne avec Manglehorn. Le réalisateur texan y esquisse le portrait d'Angelo Manglehorn (Al Pacino), serrurier solitaire de la bourgade de Sunset Valley. Et un misanthrope ou un fantôme, c'est selon, dont les pensées sont accaparées par le souvenir d'un lointain grand amour, à qui il s'échine à écrire des lettres lui revenant invariablement barrées du sceau "return to sender" - un rituel parmi d'autres, pour cet homme semblant arpenter l'existence à la manière d'une ombre...David Gordon Green a le chic pour raconter des histoires simples en apparence, mais qui tracent un sillon profond, touchant à quelque chose d'essentiel. C'est encore le cas de Manglehorn, dont la mise en scène, aventureuse et immersive, résonne intimement, tant le cinéaste y évolue au plus près de l'humain. Ne livrant toute sa richesse que sur la distance, il y a là une oeuvre mélancolique et sensible, et plus complexe, en définitive, qu'il n'y paraissait - à l'image, en fait, de son personnage central auquel Al Pacino, exceptionnel, apporte une densité peu banale. En un mot comme en cent, une réussite.