Jusqu'au 16 janvier prochain, le cinéma Palace, paquebot d'État situé dans le centre de la capitale, célèbre donc cet inimitable héritier populaire et grimaçant du burlesque. L'objectif est clair: séduire le plus grand nombre en tentant de dépoussiérer les enjeux et autres à-côtés gadgets d'un corpus filmique qui tient avant tout du gentil cinéma de papa. À cet égard, l'exposition -c'est de bonne...

Jusqu'au 16 janvier prochain, le cinéma Palace, paquebot d'État situé dans le centre de la capitale, célèbre donc cet inimitable héritier populaire et grimaçant du burlesque. L'objectif est clair: séduire le plus grand nombre en tentant de dépoussiérer les enjeux et autres à-côtés gadgets d'un corpus filmique qui tient avant tout du gentil cinéma de papa. À cet égard, l'exposition -c'est de bonne guerre- a légèrement tendance à exagérer la dimension "politique", voire même la portée supposément "transgressive" et "progressiste" (sic), d'une oeuvre reposant, on le sait, essentiellement sur des gimmicks comiques joyeusement régressifs déployés au sein d'un cadre tout ce qu'il y a de plus normatif. Mais le travail de mise en contexte, pertinent, précis, reste appréciable. Concrètement, cette décentralisation d'une expo à l'origine conçue par la Cinémathèque française de Paris s'étend, sans folie des grandeurs, dans les entrailles mêmes du ciné Palace. Documents d'époque, costumes, photos, extraits vidéo, dessins, produits dérivés... Baignée du vert chewing-gum cher à Rabbi Jacob, elle envisage le comédien, perfectionniste du rythme aux mimiques élastiques et aux explosives sautes d'humeur, sous de multiples facettes, entre sources d'inspiration incontournables et singularités d'un art à l'énergie quasi cartoon. Augmentée notamment de séances événementielles qui intègrent directement la programmation du cinéma, elle s'accompagne de balises aux inflexions biographiques, thématiques ou historiques. Situé en début de visite, un écran splitté a la très bonne idée de jeter des ponts entre les films de Louis de Funès et ceux de Laurel & Hardy, des Marx Brothers, de Chaplin ou Tex Avery, mais aussi, plus étonnant, le Nosferatu de Murnau par exemple. De quoi élargir sensiblement le spectre d'une oeuvre vue et revue, mais à la saveur toujours intacte de madeleine proustienne.