Le cinéaste ukrainien de 42 ans, opposé à l'annexion de la Crimée par la Russie, a été arrêté en mai 2014 pour avoir soutenu les manifestations Euro Maidan à Kiev. Il a été condamné en 2015 à 20 ans de détention pour "terrorisme" et "trafic d'armes" à l'issue d'un procès qualifié de "stalinien" par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l'Union européenne et les États-Unis. Il a cessé de s'alimenter le 14 mai et n'est maintenu en vie que par les compléments alimentaires injectés par l'administration pénitentiaire russe. Le cinéaste réclame la libération des 70 prisonniers politiques ukrainiens emprisonnés comme lui en Russie.

Après plus de 4 mois de grève de la faim, l'état de santé d'Oleg Sentsov s'est fortement dégradé. Malgré les demandes de libération qui se multiplient de partout, le président russe Vladimir Poutine reste de marbre.

Depuis le 14 septembre, date symbolique qui marquait le quatrième mois de jeune du cinéaste ukrainien, de nombreuses personnalités se relayent toutes les 24 heures devant l'Ambassade de Russie à Paris, pour une grève de la faim illimitée en soutien à Oleg Sentsov et ce, jusqu'à sa libération et celle des 70 autres otages du Kremlin.

Ce jeudi 27 septembre, ce sera au tour du cinéaste belge Lucas Belvaux d'entamer une grève de la faim de 24h. Cette initiative est coordonnée par Christophe Ruggia, co-président de la Société des Réalisateurs de films en France.

Sentsov citoyen d'honneur de Paris

La mairie de Paris a attribué lundi la citoyenneté d'honneur au réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, à l'issue d'un vote à l'unanimité. "A l'heure où je vous parle, Oleg Sentsov poursuit sa grève de la faim pour contester sa condamnation à 20 ans de réclusion", a ainsi déclaré la maire de Paris Anne Hidalgo, rappelant que "la ville de Paris a toujours été du côté des défenseurs de la liberté".

Oleg Sentsov "a déclaré depuis avoir été battu et privé de sa citoyenneté ukrainienne", s'est émue la maire de Paris, au cours du conseil de Paris, estimant que "sa décision (de grève de la faim) n'est pas suicidaire, mais politique". "Nous pouvons encore le sauver", a-t-elle affirmé, soulignant que lui attribuer la citoyenneté d'honneur de la mairie de Paris était "un acte d'espoir, un acte symbolique".

Vladimir Poutine et le président ukrainien Petro Porochenko avaient évoqué en juin au téléphone un éventuel "échange de prisonniers" entre les deux pays, mais cela ne s'est pas concrétisé. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a lui répété à plusieurs reprises qu'une grâce ne pouvait être accordée qu'à la demande du prisonnier, mais Oleg Sentsov s'y refuse.

Avec l'AFP