Icône absolue du XXe siècle, Audrey Hepburn aurait fêté son 90e anniversaire le 4 mai dernier. L'occasion d'une exposition hommage imaginée par son fils, Sean Hepburn Ferrer, qui, la star étant née Audrey Ruston à Bruxelles (48 rue Keyenveld à Ixelles, précisément), a choisi l'espace Vanderborght comme lieu d'atterrissage. Plus que l'éternelle interprète de Breakfast at Tiffany's, Roman Holiday ou autre Charade (encore que celle-ci ne soit pas négligée, du couloir accueillant le visiteur sur huit portraits emblématiques à une salle consacrée à sa carrière hollywoodienne), l'accrochage entend célébrer la femme, les quelque 800 photos, documents et autres objets personnels réunis pour l'occasion permettant de s'inviter dans son intimité au quotidien.

Aspirante ballerine à Londres. © AUDREY HEPBURN FAMILY ARCHIVE

Un parcours qui, passé une imposante galeries d'ancêtres, s'ouvre sur l'enfance, partagée entre Belgique et Pays-Bas, et illustrée à grand renfort de photos de famille traduisant l'aisance des Ruston-van Heemstra, accompagnés de pique-nique en sorties équestres et autres villégiatures à la montagne, ensemble relevé de lettres ("Audrey is very fit and strong and fat", écrit sa mère, Ella, au sujet du bébé), dessins faits de sa main, et jusqu'à ses passeports successifs. Les débuts de ballerine, à Londres, ne sont pas moins documentés, chaussons, certificats et photos à l'appui, parmi lesquelles celle, dédicacée, de Colette: "Pour Audrey Hepburn, trésor que j'ai trouvé sur une plage!" (la romancière avait remarqué la comédienne débutante sur le tournage de Nous irons à Monte-Carlo), le triomphe de la jeune femme dans Gigi à Broadway lui ouvrant bientôt les portes d'Hollywood.

Appréciant le plateau de Sabrina, de Billy Wilder. © MARK SAW / MPTVIMAGES.COM

Une belle personne

La suite allait s'écrire de l'encre dont l'on compose les légendes, et un espace est consacré aux distinctions glanées par Miss Hepburn, l'une des quinze artistes à pouvoir justifier de l'acronyme EGOT pour avoir remporté Emmy, Grammy, Oscar (pour Roman Holiday, dont le scooter est ici présent) et Tony awards. Si l'exposition s'attarde essentiellement sur la vie privée -de l'installation en Suisse, à Bürgenstock, à son mariage avec l'acteur et réalisateur Mel Ferrer, le 25 septembre 1954, dont est reproduit jusqu'au menu-, le monde du cinéma n'est forcément guère éloigné. Et l'album de famille accueille aussi les stars amies comme Gregory Peck ou Fred Astaire, tandis que les Stanley Donen, Blake Edwards et autre Billy Wilder rendent hommage à l'actrice, témoignages rassemblés dans l'un des montages vidéo qui rythment la visite. D'autres chapitres sont encore consacrés à son fils Sean, à la vie à "La Paisible", la villa du hameau de Tolochenaz où elle allait résider pendant 30 ans, loin de l'agitation des plateaux dont elle avait annoncé sa retraite en 1967, et enfin à l'engagement humanitaire de celle qui fut aussi ambassadrice de l'Unicef. Manière de rappeler que non contente d'avoir révolutionné l'image de la femme à l'écran et au-delà, cette Drôle de frimousse, incarnation définitive de la grâce, était aussi une belle personne...

Avec son fils Sean, dans leur maison de Bürgenstock, en Suisse. © AUDREY HEPBURN FAMILY ARCHIVE

Intimate Audrey. Jusqu'au 25/08 à l'Espace Vanderborght, rue de l'Écuyer 50, 1000 Bruxelles. ****

Les bénéfices de l'exposition iront à Eurordis - Rare Diseases Europe et aux hôpitaux Brugmann et Bordet.

Audrey Hepburn, à l'âge de cinq ans. © AUDREY HEPBURN FAMILY ARCHIVE
La villa "La Paisible", à Tolochenaz, en Suisse, où Audrey Hepburn résidera de 1963 à sa mort, en 1993. © AUDREY HEPBURN FAMILY ARCHIVE
À "La Vigna", près de Rome. © AUDREY HEPBURN FAMILY ARCHIVE