[Critique ciné] Une part d'ombre, conte policier prenant

06/03/18 à 11:15 - Mise à jour à 11:15
Du Le Vif Focus du 01/03/18

DRAME POLICIER | Une part d'ombre met en scène un extraordinaire Fabrizio Rongione.

[Critique ciné] Une part d'ombre, conte policier prenant

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[Critique ciné] Une part d'ombre, conte policier prenant

Fabrizio Rongione est extraordinaire dans Une part d'ombre, le film de son ami et complice Samuel Tilman (lire aussi leur interview). Il y incarne un homme apparemment sans histoire, mari et père de famille dévoué qu'entoure aussi la chaleur d'un cercle d'amitié. Il suffira d'un doute, lié au meurtre mystérieux d'une jeune femme, pour que la vie de David bascule peu à peu, pour que se fende le vernis d'un bonheur apparent, les relations intimes et sociales étant bientôt gangrenées par le plus horrible soupçon... Le titre annonçait la couleur, celle d'un film gris, comme il y a des films noirs. Un film où Tilman, également scénariste, installe des atmosphères entre chien et loup, avec l'apport de son directeur de la photographie, le bien nommé Frédéric Noirhomme, chef op' des très réussis Préjudice d'Antoine Cuypers et Hedi, un vent de liberté de Mohamed Ben Attia. Au centre de la toile qui se tisse peu à peu autour de lui, à tort ou à raison, le David de Rongione dérive vers une paranoïa que le comédien belgo-italien exprime d'une captivante justesse, sobre de bout en bout. Dommage qu'autour de lui les autres personnages manquent tout à la fois d'étoffe dans leur écriture et de vécu dans leur interprétation. Dommage aussi que la réalisation pêche tantôt par excès de démonstration, tantôt par absence de corps. Reste un conte policier crépusculaire, par endroits prenant, et surtout la prestation quatre étoiles d'un de nos tout meilleurs acteurs, à l'écran comme sur scène.

De Samuel Tilman. Avec Fabrizio Rongione, Natacha Régnier, Baptiste Lalieu. 1h30. Sortie: 07/03. ***

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