Les JT n'évoquent jamais le sort des survivants des naufrages en Méditerranée(plus de 30000 en 25 ans), ils ne parlent jamais des survivants des naufrages qui endurent la double peine du déracinement et celle, en...

Les JT n'évoquent jamais le sort des survivants des naufrages en Méditerranée(plus de 30000 en 25 ans), ils ne parlent jamais des survivants des naufrages qui endurent la double peine du déracinement et celle, encore plus abyssale, d'avoir perdu des proches. C'est à ces migrants martyrs que le documentaire de Nathalie Borgers offre un visage et une part d'humanité. Et plus discrètement aussi à ces Grecs -pêcheurs, garde-côtes ou fabricants de stèles- que la géographie a placé en première ligne de ce génocide silencieux. Avec pudeur et une grande sobriété formelle, elle suit en particulier une famille syrienne décimée luttant contre le désespoir à grands renforts de médicaments. Si leur statut de réfugiés les met à l'abri matériellement, affectivement, ils ont tout perdu. D'autant que les corps de leurs femmes, mères et enfants gisent toujours au fond de l'eau. Un crève-coeur de plus car, comme le rappelle le père de famille meurtri, " il n'y a pas de tombeau dans la mer". Poignant.