The Night House débute de la plus classique des manières, alors que restée seule dans sa villa bordant une étendue d'eau dans l'état de New York, une jeune femme, Beth (Rebecca Hall), ressent une présence à la nuit tombée. Et pour cause, son mari, Owen (Evan Jonigkeit), l'architecte des lieux, s'est suicidé quelques jours plus tôt sans plus d'explication au beau milieu du lac, la laissant tout à sa douleur et sa colère, et la barque qui tangue mollement auprès du ponton agissant comme une douloureuse piqûre de rappel. Si tout plaide a priori p...

The Night House débute de la plus classique des manières, alors que restée seule dans sa villa bordant une étendue d'eau dans l'état de New York, une jeune femme, Beth (Rebecca Hall), ressent une présence à la nuit tombée. Et pour cause, son mari, Owen (Evan Jonigkeit), l'architecte des lieux, s'est suicidé quelques jours plus tôt sans plus d'explication au beau milieu du lac, la laissant tout à sa douleur et sa colère, et la barque qui tangue mollement auprès du ponton agissant comme une douloureuse piqûre de rappel. Si tout plaide a priori pour l'autosuggestion, les phénomènes étranges tendent bientôt à se multiplier, à quoi Beth s'emploie à faire face avec un aplomb entretenu à grand renfort de brandy. Non sans tenter d'avoir le fin mot de l'histoire, entamant des recherches au sujet du défunt qui n'était peut-être pas celui qu'elle imaginait. Et de s'enfoncer toujours plus profondément dans son obsession au risque d'y perdre pied -la proie d'une ombre, comme le suggère le titre français du film-, en dépit des avertissements de Mel (Vondie Curtis-Hall), un voisin, et de Claire (Sarah Goldberg), une collègue du lycée où elle enseigne... On mentirait en écrivant que le scénario que signent Ben Collins et Luke Piotrowski, coauteurs précédemment de Super Dark Times et Stephanie, brille particulièrement par son originalité, son intérêt se distendant par ailleurs quelque peu sur la longueur. Cela posé, le mélange d'horreur psychologique (on pense, par endroits, à What Lies Beneath de Robert Zemeckis) et de paranormal présidant à The Night House fait incontestablement son petit effet. Dans la première partie surtout, où David Bruckner, le réalisateur de The Ritual parmi d'autres incursions dans le genre, réussit, par un jeu d'ombres et de miroirs parfaitement maîtrisé et une montée de tension soigneusement orchestrée, à instiller durablement l'angoisse. Et même à se jouer en divers endroits des attentes du spectateur, bien aidé par la partition envahissante mais aussi désarçonnante de Ben Lovett, venue rajouter à l'atmosphère possédée de l'ensemble. Porté par une mise en scène élégante, et habité par une Rebecca Hall dont la raideur cassante (il faut la voir rembarrer la mère d'un élève) dans la détresse et l'amertume n'en constitue pas l'élément le moins perturbant, The Night House est un film de genre habilement exécuté. S'il aurait gagné à rester sur le terrain de la suggestion, dont il possède à l'évidence les codes et les ressorts, Bruckner livre un thriller valant son pesant de frissons et d'émotions fortes. Méfiez-vous de l'eau qui dort, comme dirait la sagesse populaire...