Et si on se mangeait du hipster à la sauce cannibale? Il n'en faut pas plus à Eli Roth (Cabin Fever, Hostel) pour se faire plaisir, et envoyer un groupe de militants de campus ricains se crasher en pleine Amazonie. Là où Cannibal Holocaust (1980) fustigeait le sensationnalisme de son temps en jouant de la frontière parfois ténue entre le vrai et le faux, The Green Inferno se paie ainsi la tronche de l'activisme en toc des jeunes Occidentaux friqués et hyper connectés d'aujourd'hui, davantage motivés par la perspective de se baiser les uns les autres ou de s'afficher façon duckface bêtifiant sur les réseaux sociaux que de véritablement pourfendre les injustices de leur époque. Un peu long à la détente, le film décolle enfin le temps d'une boucherie anthropophage bien sale. Sans jamais se départir pour autant de son esprit farceur -une scène de diarrhée, une autre de masturbation/strangulation, des cannibales défoncés à la beuh... On est loin de la poésie crépusculaire de Ruggero Deodato (et la sublime BO de Riz Ortolani), donc, mais l'ensemble, assez fun, fonctionne bien. Si Roth n'est toujours pas un grand cinéaste, il reste en effet cet habile faiseur qui connaît ses gammes sur le bout des doigts.

D'ELI ROTH. AVEC LORENZA IZZO, ARIEL LEVY, AARON BURNS. 1 H 43. SORTIE: 04/11.

Et si on se mangeait du hipster à la sauce cannibale? Il n'en faut pas plus à Eli Roth (Cabin Fever, Hostel) pour se faire plaisir, et envoyer un groupe de militants de campus ricains se crasher en pleine Amazonie. Là où Cannibal Holocaust (1980) fustigeait le sensationnalisme de son temps en jouant de la frontière parfois ténue entre le vrai et le faux, The Green Inferno se paie ainsi la tronche de l'activisme en toc des jeunes Occidentaux friqués et hyper connectés d'aujourd'hui, davantage motivés par la perspective de se baiser les uns les autres ou de s'afficher façon duckface bêtifiant sur les réseaux sociaux que de véritablement pourfendre les injustices de leur époque. Un peu long à la détente, le film décolle enfin le temps d'une boucherie anthropophage bien sale. Sans jamais se départir pour autant de son esprit farceur -une scène de diarrhée, une autre de masturbation/strangulation, des cannibales défoncés à la beuh... On est loin de la poésie crépusculaire de Ruggero Deodato (et la sublime BO de Riz Ortolani), donc, mais l'ensemble, assez fun, fonctionne bien. Si Roth n'est toujours pas un grand cinéaste, il reste en effet cet habile faiseur qui connaît ses gammes sur le bout des doigts.