Voilà quelques années que Jay Roach a troqué ses habits de réalisateur de comédies (la série des Austin Powers, Mon beau-père et moi...) pour ceux de cinéaste engagé. Après Trumbo (biopic sur le parcours du scénariste blacklisté au nom de la chasse aux sorcières ayant jeté, à la fin des années 40, une ombre sur Hollywood), voici donc Scandale (Bombshel...

Voilà quelques années que Jay Roach a troqué ses habits de réalisateur de comédies (la série des Austin Powers, Mon beau-père et moi...) pour ceux de cinéaste engagé. Après Trumbo (biopic sur le parcours du scénariste blacklisté au nom de la chasse aux sorcières ayant jeté, à la fin des années 40, une ombre sur Hollywood), voici donc Scandale (Bombshell en VO), un drame explosif revenant sur une affaire ayant agité récemment le landerneau médiatique américain. Et plus particulièrement la chaîne ultra-conservatrice Fox News, secouée par un scandale retentissant lorsque son patron, Roger Ailes, avait fait l'objet de plaintes pour harcèlement sexuel de la part de femmes journalistes ayant décidé de briser la loi du silence pour dénoncer l'inacceptable. Au risque de se heurter de plein fouet aux règles tacites du milieu... Difficile, sans doute, d'imaginer sujet plus dans l'air du temps qu'une histoire (vraie) préfigurant l'affaire Weinstein. On se gardera toutefois de taxer Jay Roach d'opportunisme, le réalisateur veillant à faire de Scandale mieux qu'une oeuvre simplement utile, un film puissant même si bavard, articulant l'action de trois journalistes de la chaîne en un nerf narratif efficace suivi avec une rigueur implacable. S'ensuit, s'insinuant dans les méandres d'un microcosme souvent opaque (on pense à bien Network ou The Wolf of Wall Street, la fureur en moins), une oeuvre aussi solide que captivante, à laquelle sa distribution de haut vol confère un surcroît de poids: si John Lithgow, Margot Robbie et Nicole Kidman régalent, on n'est pas près d'oublier la prestation de Charlize Theron (coproductrice du film), tout simplement inouïe.