Cauchemars, hallucinations, apparitions... Tirant idéalement profit de son cadre profondément rural, où la forêt fait office de lieu originel de toutes les peurs, le film investit l'espace poreux de démarcation entre vivants et morts, sciences et croyances (comme dans le bouquin de King, le chat de la famille s'appelle Church). Fidèle aux codes du genre, sans forcément chercher à les subvertir, Pet Sematary a la très bonne idée de ne pas se prendre trop au sérieux et surtout de ne pas péter plus haut que son cul ( Us de Jordan Peele, quelqu'un?). Une série B assumée, en somme, très années 80 dans l'esprit mais sans fétichisme vintage pour autant, forte d'une dimension gore qui grince et qui suinte, qui grouille et qui tache, très organique, c'est-à-dire pas cannibalisée par les effets spéciaux et la froideur numérique. Et si le final, qui frise le grand-guignol, aurait certes pu se faire moins grimaçant, il a au moins le mérite d'aller jusqu'au bout de son malaise. Une bonne tranche d'horreur à l'ancienne.

De Kevin Kölsch et Dennis Widmyer. Avec Jason Clarke, Amy Seimetz, John Lithgow. 1 h 41. Sortie: 10/04.