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Mary Poppins de retour quelque 50 ans plus tard? L'idée pouvait paraître incongrue, a fortiori pour un film confié à Rob Marshall (Chicago, Into the Woods), pas précisément le plus léger des réalisateurs. À l'autopsie pourtant, la réussite est au rendez-vous, sans doute parce que les auteurs ont résisté à la tentation de mettre la plus célèbre nounou du cinéma au goût du jour, la fantaisie de l'univers imaginé par P.L. Travers faisant le reste... Ses inestimables services, Mary Poppins (Emily Blunt, épatante) va cette fois les mettre au service des enfants Banks, Michael (Ben Wishaw), laissé désemparé par la mort de sa femme, et sa soeur Jane (Emily Mortimer), venue l'assister dans l'éducation de ses trois enfants et dans la gestion des affaires courantes, sans rien pouvoir toutefois contre ses créanciers. Moment où Mary va réapparaître dans le ciel londonien avec ses pouvoirs étonnants, histoire de réenchanter leur existence et le 17 allée des Cerisiers... Ne s'écartant guère d'un schéma attendu, le scénario sert surtout de prétexte à aligner les numéros et les chorégraphies colorées. Programme dont Rob Marshall s'acquitte avec un évident savoir-faire, citant abondamment son modèle au passage: le ballet des allumeurs de réverbères répond ainsi à celui des ramoneurs, la séquence animée (de magistrale facture) semble surgie tout droit de 1964, jusqu'à superfragilisticexpialidocious qui trouve un équivalent (simplifié) en luminomagifantastique. C'est dire si ce Mary Poppins Returns ne manque ni de charme, ni d'allant, divertissement familial joliment enlevé et non moins délicieusement "old fashioned" où la magie opère toujours.