Le 20 juillet 2017, le Tour de France se lançait pour la 35e fois à l'assaut des pentes du mythique col d'Izoard. Deux semaines plus tôt, ils étaient quelques-uns à installer leur camping-car dans l'un des virages de l'ascension, dans l'attente du passage de la plus grande course cycliste au monde. C'est à la rencontre de ces derniers, des habitués cela va sans dire, que sont partis Valéry Rosier et Méryl Fortunat-Rossi, pour un documentaire parlant, finalement, moins du Tour (maintenu essentiellement hors-champ) que de son folklore et de ses fidèles, manière avisée d'en élargir le propos...

Adoptant la structure d'un compte à rebours conduisant à l'apothéose finale suivant une liturgie bien réglée, le film est surtout l'occasion de découvrir une galerie de personnages attachants. De ceux, retraités de condition modeste pour la plupart, que le cinéma a coutume de négliger, cueillis dans une période de "vacance" -celles que Rosier affectionne tout particulièrement, comme en témoignent ses précédents Dimanche et Parasol. Moments creux mais pas moins signifiants pour autant, où s'exprime notamment le besoin de communauté tandis que le quotidien s'écoule, d'un virage à l'autre, suivant une routine pavée d'anecdotes croustillantes mais aussi de tranches de vie.

En ressort, le jour J et ses petites frustrations passées -les spectateurs agités qui barrent le champ de vision, la télé qui décroche au mauvais moment, la caméra qui filme du mauvais côté de la route...-, le portrait sensible d'une microsociété, croqué avec un humour plus bienveillant que vachard, plus proche en définitive de Jacques Tati que de Strip-Tease. Une franche réussite.

De Valéry Rosier et Méryl Fortunat-Rossi. 1h10. Sortie: 01/05. ***(*)

Retrouvez l'interview des réalisateurs dans Le Vif de la semaine prochaine.