Arrivé à l'orée de la quarantaine, Jean-Louis (Laurent Lafitte) a l'impression de vivre déconnecté, sa carrière d'avocat définitivement sur les rails, et son mariage avec Valérie (Karin Viard) aspiré par une routine vaguement amère. Moment où l'impensable se produit: son coeur s'arrête de battre, ce qui ne l'empêche pas d'être conscient et ...

Arrivé à l'orée de la quarantaine, Jean-Louis (Laurent Lafitte) a l'impression de vivre déconnecté, sa carrière d'avocat définitivement sur les rails, et son mariage avec Valérie (Karin Viard) aspiré par une routine vaguement amère. Moment où l'impensable se produit: son coeur s'arrête de battre, ce qui ne l'empêche pas d'être conscient et de se déplacer, pas encore mort, mais plus tout à fait vivant selon toute apparence. Si Michel (Vincent Macaigne), son ami vétérinaire, n'a pas d'explication au phénomène, Margaux (Nicole Garcia), la coach de vie holistique de sa femme, lui propose une solution radicale: remonter à l'origine de son mal étrange, en prenant une photo du vagin de sa mère (Hélène Vincent), avec qui il est en froid persistant. Ce qui, en plus du tabou ultime, a tout de la mission impossible... Adapté de la pièce de théâtre de Sébastien Thiéry, le premier long métrage de Laurent Lafitte ne fait guère mystère de ses origines théâtrales, l'action restant confinée à quelques décors choisis, tandis que la mise en scène se veut, globalement, très sage. Cette réserve posée, l'acteur-réalisateur signe là un petit régal de comédie décalée, mécanique grinçante carburant à l'humour absurde relevé d'un sens de l'observation aiguisé, tout en s'autorisant l'un ou l'autre dérapage plus ou moins contrôlé pour évoluer avec bonheur sur une corde raide. Si Laurent Lafitte est là, forcément, dans son élément, Vincent Macaigne, dans son registre familier, mais plus encore Hélène Vincent, avec une férocité nonsensique inattendue, apportent à l'ensemble un grain tout ce qu'il y a de plus réjouissant...