Un biopic sur Gustave Eiffel, il suffisait après tout d'y penser. Martin Bourboulon (Papa ou maman) décide fort logiquement de l'axer sur les circonstances qui conduiront à l'érection, en 1889, de la tour dominant le Champ-de-Mars du haut de ses quelque 300 mètres, emblème définitif de Paris. À quoi il greffe une histoire d'amour improbab...

Un biopic sur Gustave Eiffel, il suffisait après tout d'y penser. Martin Bourboulon (Papa ou maman) décide fort logiquement de l'axer sur les circonstances qui conduiront à l'érection, en 1889, de la tour dominant le Champ-de-Mars du haut de ses quelque 300 mètres, emblème définitif de Paris. À quoi il greffe une histoire d'amour improbable, manière commode d'enrober l'affaire de vernis romanesque. Tout commence à la fin des années 1880, alors que, auréolé de la réussite de la statue de la Liberté dont il a conçu l'armature, Eiffel (Romain Duris) est sollicité pour ériger le monument qui représentera la France à l'Exposition universelle de Paris, en 1889. L'ingénieur se fait prier, préférant se consacrer au métropolitain. Sa rencontre inopinée avec Adrienne (Emma Mackey), surgie de son passé au bras du journaliste Antoine Restac (Pierre Deladonchamps), va l'inciter à se raviser. Opérant des allers-retours entre les aléas d'une construction ne faisant pas que des heureux et un amour de jeunesse contrarié, Eiffel ne se départit jamais d'un classicisme bon teint, définitivement poussiéreux en dépit de son application à paraître moderne. Soit le prototype même de la grosse production à l'intérêt inversement proportionnel aux moyens déployés si le film ne disposait d'un maître-atout en la personne d'Emma Mackey (Sex Education), dépositaire de ce mystère qui fait, pour le reste, cruellement défaut à l'entreprise. Sa présence a le don inestimable de rendre le temps moins long. Une bénédiction pour le spectateur en étant sinon réduit, pour l'essentiel, à compter les rivets...