Le hammam est leur refuge. On s'y retrouve entre femmes, loin de la violence masculine que tradition et religion rendent omniprésente. Parfois, le fracas des bombes islamistes fait trembler les murs. Parfois aussi des discussions s'animent, des conceptions de la vie et de la société s'affrontent. Mais le hammam reste un havre de paix et de liberté. Un havre menacé de l'intérieur par les dissensions et -surtout- de l'extérieur par la pression des barbus, la rage de soumettre, de frapper, d'égorger, de lapider... À mon âge, je me cache encore pour fumer est l'adaptation d'une pièce de théâtre créée en 2009, qui évoque l'Algérie confrontée au FIS liberticide tout en tendant un miroir lucide au monde arabo-musulman d'aujourd'hui. Il a fallu à Rayhana tourner dans un hammam de Salonique, en Grèce, car la nudité empêchait de le faire en Algérie ou en Turquie... Respectant l'unité de temps, de lieu et d'action de l'oeuvre originale, le film réunit autour de son brûlant sujet une distribution d'actrices formidables comme Hiam Abbass, Nadia Kaci, Biyouna, Lina Soualem et Fadila Belkebla. Mais toutes les interprètes sont talentueuses, et à fond dans un projet s'inscrivant dans une logique de résistance. À mon âge, je me cache encore pour fumer fait du huis clos d'un hammam algérois un microcosme dont les reflets se font vite universels. Quelques raideurs démonstratives ne l'empêchent pas de résonner avec force. Un film (tristement) nécessaire!

De Rayhana. Avec Hiam Abbass, Fadila Belkebla, Nadia Kaci. 1h30. Sortie: 19/09. ***(*)

Le hammam est leur refuge. On s'y retrouve entre femmes, loin de la violence masculine que tradition et religion rendent omniprésente. Parfois, le fracas des bombes islamistes fait trembler les murs. Parfois aussi des discussions s'animent, des conceptions de la vie et de la société s'affrontent. Mais le hammam reste un havre de paix et de liberté. Un havre menacé de l'intérieur par les dissensions et -surtout- de l'extérieur par la pression des barbus, la rage de soumettre, de frapper, d'égorger, de lapider... À mon âge, je me cache encore pour fumer est l'adaptation d'une pièce de théâtre créée en 2009, qui évoque l'Algérie confrontée au FIS liberticide tout en tendant un miroir lucide au monde arabo-musulman d'aujourd'hui. Il a fallu à Rayhana tourner dans un hammam de Salonique, en Grèce, car la nudité empêchait de le faire en Algérie ou en Turquie... Respectant l'unité de temps, de lieu et d'action de l'oeuvre originale, le film réunit autour de son brûlant sujet une distribution d'actrices formidables comme Hiam Abbass, Nadia Kaci, Biyouna, Lina Soualem et Fadila Belkebla. Mais toutes les interprètes sont talentueuses, et à fond dans un projet s'inscrivant dans une logique de résistance. À mon âge, je me cache encore pour fumer fait du huis clos d'un hammam algérois un microcosme dont les reflets se font vite universels. Quelques raideurs démonstratives ne l'empêchent pas de résonner avec force. Un film (tristement) nécessaire!