Le talent belge a toutefois été récompensé vendredi à Paris avec notamment l'attribution duCésardu "Meilleur film documentaire" à "Ni Juge, ni soumise" de Jean Libon et Yves Hinant, production consacrée à la juge d'instruction Anne Gruwez.

"Jusqu'à la garde", premier long métrage de Xavier Legrand et film marquant sur un sujet de société difficile, a reçu quatre prix, dont la récompense suprême, le César du meilleur film, et celle pour la meilleure actrice, Léa Drucker. Celle-ci incarne Miriam une mère de famille fragile mais vaillante dans ce fim. Très émue, l'actrice de 47 ans a appelé à réagir face aux violences et rendu hommage aux femmes violentées ainsi qu'aux militantes féministes.

"Il serait temps de penser aux victimes à un autre jour que le 25 novembre", journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, a également enjoint le réalisateur récompensé.

Le concurrent principal de son film, avec 10 citations également, était la comédie "Le Grand Bain" de Gilles Lellouche, sur des cabossés de la vie qui s'adonnent à la natation synchronisée. L'actrice belge Virgine Efira est à l'affiche de cette comédie sociale à succès et jouissait d'une nomination dans la catégorie "Meilleur second rôle". Mais le prix lui a échappé au profit de Karin Viard pour "Les chatouilles", oeuvre d'Andréa Bescond et Eric Métayer consacrée au difficile thème de la pédophilie (aussi prix de la "Meilleure adaptation"). Virginie Efira était en outre candidate - malheureuse - au prix de la "Meilleure actrice" pour son rôle dans "Un amour impossible" de Catherine Corsini, récompense attribuée in fine à l'actrice Léa Drucker. La Belge est donc repartie sans récompense tout comme ses compatriotes Lukas Dhont et Guillaume Senez, réalisateurs des longs métrages "Girl" et "Nos batailles" respectivement.

Les talents belges à l'honneur

Leurs productions étaient sélectionnées dans la catégorie "Meilleur film étranger", mais ce prix a été décerné à "Une affaire de famille" du réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda. Le talent belge a toutefois été reconnu par l'Académie des Arts et Techniques du Cinéma qui a attribué le prix du "Meilleur film documentaire" à "Ni Juge, ni soumise" de Jean Libon et Yves Hinant. La juge d'instruction Anne Gruwez, au coeur du documentaire primé, est montée sur scène vendredi pour la remise de la récompense française. Une démarche qui avait été interdite à la magistrate lors de la remise du prix Magritte du meilleur documentaire il y a trois semaines en Belgique.

Autres récompenses à ajouter au palmarès belge, le César du "Meilleur film de court métrage" pour "Les petites mains" de Rémi Allier, et le César de la meilleure photographie décerné au chef opérateur liégeois Benoît Debie pour ses prouesses techniques dans "Les Frères Sisters" de Jacques Audiard.

Le César de la "Meilleure réalisation" a d'ailleurs été attribué au cinéaste français de 66 ans pour ce western franco-américain auquel figurent les acteurs Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et John C. Reilly. Les autres prix marquants dans la soirée sont celui du "Meilleur acteur", attribué à Alex Lutz pour son rôle dans "Guy", qu'il a également réalisé, et la kyrielle de récompenses pour "Shéhérazade" de Jean-Bernard Marlin, histoire d'amour à Marseille entre un caïd et une jeune prostituée.

La production a raflé le César du "Meilleur premier film" et des "Meilleurs espoirs" féminin et masculin pour les deux interprètes principaux, Kenza Fortas et Dylan Robert. L'Académie a par ailleurs aussi rendu hommage à l'acteur américain de légende Robert Redford, 82 ans, qui a reçu un César d'honneur.