À film à l'américaine, promo à l'américaine: le temps est compté lorsque l'on rencontre Antonin Baudry dans un palace du 16e arrondissement parisien, le créneau annoncé, aussi resserré que les coursives d'un submersible avec ses quinze maigres minutes, se réduisant encore comme peau de chagrin dans le roulement des interviews, 10 minutes et 14 secondes au final. Une misère . Fort heureusement, le réalisateur du Chant du loup sait faire bon usage du délai imparti, héritage peut-être d'un parcours entamé dans la diplomatie. Baudry, en effet, présente un profil atypique pour un cinéaste, lui qui a connu les ors des ministères avant d'écrire, sous le pseudonyme d'Abel Lanzac, la BD Quai d'Orsay, illustrée par Christophe Blain. Et de revenir dans la foulée à ses premières amours -il est titulaire d'un DEA en études cinématographiques-, en cosignant l'adaptation de l'album à l'écran par Bertrand Tavernier.
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