Les sélections cannoises se suivent sans se ressembler pour le cinéaste coréen Bong Joon-ho. Au coeur, bien malgré lui il est vrai, d'une polémique stérile lors de la présentation, il y a deux ans de cela, d' Okja sous bannière Netflix, le voilà aujourd'hui plébiscité pour Parasite, Palme d'or dont le président du jury de ce 72e festival de Cannes, Alejandro González Iñárritu, s'est plu à souligner qu'elle avait été octroyée à l'unanimité. Elle ne faisait guère de doute, il est vrai, une fois l'onde du film -le septième long métrage de son auteur- propagée sur la Croisette, la rumeur faisant d'un Bong au sommet de son art le candidat tout désigné à la succession d'Hirokazu Kore-eda. Ce qui ne l'empêchait pas, alors qu'on l'interrogeait sur son sentiment à deux jours de l'annonce du palmarès, de rester sur une réserve prudente, manière aussi, peut-être, de conjurer le sort: "J'ai été membre du jury aux festivals de Berlin et de San Sebastian, et ces expériences m'ont appris combien les récompenses étaient aléatoires. Parfois, tout peut basculer dans la dernière demi-heure, c'est un processus aussi complexe qu'imprévisible. Du coup, je suis serein: advienne que pourra..."
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