Avant Kool Shen, 10 rappeurs qui sont passés au cinéma

Avant Kool Shen, 10 rappeurs qui sont passés au cinéma
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Laurent Hoebrechts

Ice Cube / Boys N the Hood (1991) © DR

Avec son visage rond de matou contrarié, Ice Cube a probablement été l'un des premiers à sauter le pas d'une carrière ciné qui ne soit pas un simple produit dérivé de sa franchise rap. Même si tout est relatif: fable du ghetto (sortie un an avant les émeutes de L.A.), Boyz N the Hood se déroule à South Central, sur fond de gangsta rap. Par la suite, Ice Cube n'aura pas toujours la main aussi heureuse, commettant notamment Friday (et ses deux suites), comédie hip hop bas de plafond.

Ice T / New Jack City (1991) © DR

Sorti la même année que Boyz N the Hood, réalisé par Mario Van Peebles (le fils de Melvin), New Jack City dégoupille son histoire de gangsters dans les rues de New York, rongées par l'épidémie de crack. Ice T y tient l'un des rôles principaux. Celui qui sera responsable du morceau Cop Killer y incarne un... inspecteur de police. Un type de personnage qui lui colle à la peau: aujourd'hui, beaucoup le connaissent comme flic dans la série Law & Order (New York, police judiciaire).

Stomy Bugsy / Ma 6-t va crack-er (1996) © DR

Dans la foulée de La Haine, sorti un an plus tôt, en 1995, Ma 6-t va crack-er est l'un des films de "banlieue" français les plus emblématiques. Au générique, une foule de rappeurs, dont Stomy Bugsy. L'ex-Ministère A.M.E.R. ne va cependant pas s'y limiter, multipliant les piges cinéma. Surtout dans des blockbusters franchouillards (Gomez et Tavarez, Le Boulet), mais aussi récemment dans des films moins calibrés (le biopic Aliker, Bye Bye Blondie de Virginie Despentes).

Will Smith / Men in Black (1997) © DR

Sans ses tubes avec DJ Jazzy Jeff (Summertime), on aurait presque tendance à oublier la carrière rap de Will Smith. C'est pourtant bien là qu'il a démarré. Début des années 90, pour échapper à la faillite et rembourser ses impôts au fisc américain, il accepte de jouer dans la sitcom The Fresh Prince of Bel-Air, produite notamment par Quincy Jones. C'est le début d'un parcours d'acteur (de Men In Black à Ali) qui occupe aujourd'hui tout son temps.

Queen Latifah / Chicago (2002) © DR

Jamais facile de se faire une place dans le monde du rap quand on est une fille. Du coup, elles sont encore moins nombreuses à se retrouver au cinéma. Queen Latifah est l'une des rares rappeuses à avoir percé dans le milieu (quitte à mettre sa carrière musicale entre parenthèses). Elle était par exemple au générique du Jungle Fever de Spike Lee ou du Chicago de Rob Marshall, son rôle de matrone la gratifiant d'une nomination aux Oscars.

Eminem / 8 Mile (2002) © DR

Du côté des rappeurs blancs, Eminem peut se targuer d'avoir tenu le premier rôle (le sien en l'occurrence) dans le quasi-biopic 8 Mile. Il ne faudrait toutefois pas oublier Mark Wahlberg dont la carrière musicale (la première mouture du boys band New Kids On The Block, puis Marky Mark & The Funky Bunch) sera bien vite oubliée au profit d'une filmographie bien plus conséquente: Boogie Nights, Three Kings, The Yards, Planet of the Apes...

RZA / Coffee and Cigarettes (2003) © DR

Pièce essentielle du puzzle Wu Tang Clan, collectif rap majeur des années 90, RZA a bossé sur plusieurs musiques de film de Tarantino (Kill Bill, Django Unchained). Il est surtout l'auteur de la BO culte de Ghost Dog de Jim Jarmusch. Il y a fait également ses premiers pas d'acteur (fugaces certes). Plus savoureux, il se retrouve dans une scène de Coffee & Cigarettes, du même Jarmusch, aux côtés de son camarade GZA et de Bill Murray.

Mos Def / Be Kind Rewind (2008) © DR

Mieux que nombre de ses collègues rappeurs, Mos Def évitera de (trop) se faire coincer dans les comédies/drames "urbains" et autres films d'action pop-corn. Est-ce parce qu'il a commencé en enchaînant les rôles pour la télé et le ciné avant de prendre le micro? Sa filmographie compte en tout cas quelques belles pioches comme Bamboozled (Spike Lee), Monster's Ball (un Oscar pour Halle Berry) et surtout Be Kind Rewind de Gondry.

JoeyStarr / Polisse (2011) © DR

Bien avant Kool Shen, JoeyStarr a traîné sa dégaine de bad boy sur les plateaux de tournage. Dès 1990, dans un téléfilm réalisé par Cyril Collard (Les Lyonnais) -avant de doubler Ice T dans la VF de New Jack City... Suivront quelques plaisanteries (La Tour Montparnasse infernale, RRRrrr!!!), puis le virage Maïwenn qui lui fait tourner Le Bal des actrices, et surtout Polisse, son rôle de flic de la brigade de protection des mineurs lui valant même une nomination aux César.

Baloji / Rundskop (2011) © DR

Et les Belges dans tout ça? Faute de vedettariat, les cas sont rares, voire inexistants. Avant de pouvoir annoncer le premier rôle de Stromae (?), il faut tout de même mentionner les débuts de Baloji. L'ex-Starflam s'est ainsi retrouvé au générique de Rundskop (Tête de boeuf), aux côtés de Matthias Schoenaerts, et cet été il était aperçu sur le tournage du premier long métrage de la Gantoise Lydia Rigaux (Steve + Sky).

Mais aussi... © DR

Andre 3000 (Semi-pro), DMX (Belly), Puff Daddy (Get Him to the Greek), LL Cool J (L'Enfer du dimanche), 50 Cent (Get Rich or Die Tryin), Snoop Dogg (Starsky et Hutch), Mark Wahlberg (Boogie Nights), Redman et Method Man (How High), Common (American Gangster)...