Valhalla Rising, de son compère Nicolas Winding Refn, qui l'avait révélé au mitan des années 90 dans Pusher, Michael Koolhaas d'Arnaud des Pallières, The Salvation de Kristian Levring...: Mads Mikkelsen n'a pas attendu Arctic, le premier long métrage du réalisateur brésilien Joe Penna, pour s'épanouir dans des rôles extrêmes. Avec ce film toutefois, celui qui campa Le Chiffre dans Casino Royale, avant d'obtenir le prix d'interprétation à Cannes pour sa mémorable composition dans La Chasse de Thomas Vinterberg, met la barre un peu plus haut encore, 1 heure 40 à s'accrocher, opiniâtre, à un souffle de vie dans les étendues glacées de l'Arctique, au coeur d'un environnement que le terme hostile ne suffit pas à dépeindre.
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Valhalla Rising, de son compère Nicolas Winding Refn, qui l'avait révélé au mitan des années 90 dans Pusher, Michael Koolhaas d'Arnaud des Pallières, The Salvation de Kristian Levring...: Mads Mikkelsen n'a pas attendu Arctic, le premier long métrage du réalisateur brésilien Joe Penna, pour s'épanouir dans des rôles extrêmes. Avec ce film toutefois, celui qui campa Le Chiffre dans Casino Royale, avant d'obtenir le prix d'interprétation à Cannes pour sa mémorable composition dans La Chasse de Thomas Vinterberg, met la barre un peu plus haut encore, 1 heure 40 à s'accrocher, opiniâtre, à un souffle de vie dans les étendues glacées de l'Arctique, au coeur d'un environnement que le terme hostile ne suffit pas à dépeindre."Ce fut difficile, mais ça en valait la peine, s'esclaffe l'acteur danois, de passage sur la Croisette où le film était présenté en séance de minuit. Les conditions de tournage en Islande étaient particulièrement éprouvantes: il faisait froid, humide, venteux, c'était dur. Mentalement également, parce que j'étais seul, à un point auquel on n'est guère habitué. On se surprend à faire des choses que l'on ne voudrait pas, parce qu'on est fatigué de soi..." S'il s'est lancé dans cette aventure, c'est, dit-il, parce que le scénario l'avait séduit par son côté obstiné et radical. "Vous allez me croire naïf, mais je n'avais pas mesuré l'ampleur du défi que ça allait représenter, je n'en avais vu que la beauté. Ce n'est qu'une fois en Islande, quand nous avons commencé à travailler, que j'ai pleinement réalisé. La nature devant constituer le personnage principal, j'ai voulu arriver plus tôt que je n'étais supposé le faire, par curiosité. Je n'ai pas été déçu par ce que j'ai découvert, mais le premier jour du tournage, il nous a fallu modifier entièrement nos plans parce que la météo avait changé..." Un contretemps parmi d'autres, pour un tournage chahuté. Et bientôt ravalé de 25 à 19 jours, ne laissant à l'acteur que cinq heures de sommeil par nuit, histoire de pouvoir mener l'affaire à son terme... "J'ai un niveau d'endurance élevé et un degré d'entêtement assez conséquent, sourit le comédien d'un air entendu. Mais n'allez pas croire que je sois obsédé par les films présentant un défi, ce n'est pas ce qui m'intéresse. Si je veux relever un défi, je vais me lancer nu à l'assaut de l'Everest -voilà qui en constituerait un solide. Mais ce n'est pas ce qui motive mes choix, même si les dernières années pourraient donner à le penser. Peut-être s'agit-il de la midlife crisis, je n'en sais rien. Je suis attiré par des projets qui se transforment en défis, même si je ne les recherche pas." Celui posé par Arctic a laissé son empreinte sur l'acteur, qui y apparaît émacié comme rarement, ayant laissé huit kilos dans l'aventure. "Ma femme n'était pas particulièrement ravie, déjà que je n'étais pas bien épais avant. En plus, impossible de frimer, et de montrer ce que j'avais enduré dans la perspective des Oscars", ironise-t-il, allusion à la doudoune qu'il ne quitte pas à l'écran. Mais si l'épreuve physique l'a marqué, Mads Mikkelsen préfère souligner la dimension philosophique du film: "On parle de "survival", mais ce n'est jamais qu'un genre, il faut qu'il y ait plus que ça. Et pour moi, Arctic pose la question de la différence entre survivre et vivre à travers l'arc narratif suivi par mon personnage, qui découvre qu'il y a plus important que lui dans ce monde." Tant qu'à parler d'enjeux débordant du cadre strict du cinéma de genre, ce film, où la nature est reine, jusqu'à imposer son agenda aux protagonistes, répond-il à un quelconque souci environnemental? "J'aimerais pouvoir vous dire que oui, observe-t-il dans un large sourire, rappelant celui de contentement qu'il arbore en tant qu'ambassadeur de charme de celle qui s'autoproclame "probably the best beer in the world". Mais ce n'est pas le cas: nous l'avons tourné parce que nous pensions que c'était une histoire humaine forte, qui nous dit que l'on ne peut survivre seul." Et de conclure à ce propos: "J'aime être seul, mais j'ai aussi la possibilité de choisir de ne pas l'être. Si l'on n'a pas ce choix, je pense que c'est beaucoup plus violent." Mais aussi plus cinématographique, comme sa filmographie en apporte la laconique démonstration -ainsi encore de Polar (lire notre critique), que l'on peut découvrir actuellement sur Netflix, énième variation solitaire qui le voit endosser les habits d'un tueur cette fois. De sang froid, cela va sans dire.