Nelken

Du 05 au 07/12. PBA, Charleroi.

Voilà déjà dix ans que Pina Bausch, pionnière d'un nouveau langage artistique avec ses danseurs du Tanztheater Wuppertal, a disparu, à 68 ans. Mais grâce à sa compagnie, son oeuvre survit. Parmi son imposant répertoire où la création puise sa matière dans les souvenirs intimes des interprètes et où les tableaux, cocasses, absurdes, cruels ou tendres, touchent au plus profond, Nelken revoit aujourd'hui le jour. Pas un livre sur l'Histoire de la danse ne manque de citer ce spectacle mémorable, qui marqua les esprits à sa création en 1982 en particulier par sa scénographie signée Peter Pabst et composée de 8.000 oeillets ("nelken" en allemand). Ce spectaculaire champ de fleurs accueille un torrent d'émotions charriées par 22 danseurs et l'une de ces fameuses "rondes à la Pina Bausch", marque de fabrique de la chorégraphe allemande. C'est ici un monument qui est donné à voir, dans une nouvelle distribution, au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, pour quelques dates uniques en Belgique et en exclusivité pour la saison de Charleroi danse.

Sabordage

Première le 22/09. Du 22/09 au 03/10 au Théâtre de Liège, du 21 au 24/10 à l'Eden à Charleroi, du 06 au 08/11 au Théâtre le Manège à Mons, du 17 au 21/03 à l'Atelier Théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, du 31/03 au 03/04 au Théâtre de Namur, les 23 et 24/04 au Centre culturel de Verviers.

Après avoir découpé, mélangé et recollé le cinéma hollywoodien dans le bien-nommé Blockbuster, le collectif Mensuel retrouve l'écrivain Nicolas Ancion pour un nouvel hybride entre cinéma, musique et théâtre, déployé à la fois sur scène et sur écran. Le destin tragique et bien réel de la petite île océanienne de Nauru, où le phosphate a été exploité jusqu'à l'épuisement total et dont les habitants auront connu la richesse -le deuxième PIB par habitant au monde en 1974- avant la faillite de leur pays et une crise sanitaire -95% de la population est en surpoids-, y devient la métaphore du naufrage auto-orchestré de l'humanité. Ou comment l'appât du gain et les schémas de surconsommation peuvent transformer un paradis en enfer.

© COMFREAK

No One

Du 24/09 au 05/10 au Théâtre les Tanneurs, Bruxelles. Le 16/10 au Centre culturel de Huy, les 19 et 20/11 à la Maison de la Culture de Tournai (Next Festival).

En pleine canicule, des touristes harassés débarquent dans une station-service perdue au milieu de nulle part. Leur véhicule est tombé en panne, la tour manager veut contacter l'assistance dépannage, mais l'unique téléphone fixe a mystérieusement disparu. Tel est le pitch de la nouvelle création de la prometteuse compagnie Still Life (Frozen, Keep Going), qui a choisi de renoncer aux mots pour raconter ses histoires. Avec cinq acteurs et dix figurants, No Oneentend questionner le phénomène de bouc émissaire et les comportements parfois irrationnels des individus en groupe.

© MARINE DRICOT

Twyxx

Première le 17/09. Du 17 au 25/09 au Théâtre de Namur et du 02 au 06/06 au Théâtre les Tanneurs.

Elle est danseuse, notamment pour Lisbeth Gruwez et Oriane Varak, révélée l'an dernier en tant que chorégraphe grâce à son solo-dynamite i-clit. Lui est comédien, vu entre autres chez Armel Roussel et en victime malmenée dans La Reprise - Histoire(s) du théâtre I de Milo Rau. Mercedes Dassy et Tom Adjibi forment un couple à la ville et, pour Twyxx, un couple sur scène. Éclairés par les écrits de Gilles Deleuze et Liv Strömquist, ils y explorent les rapports de force au sein de leur binôme, entre complicité et déchirements.

© MATHILDA OLMI

Retour à Reims

Du 09 au 12/10. Théâtre de Liège.

Dans son essai autobiographique Retour à Reims (publié en 2009), le sociologue français Didier Eribon décortiquait son parcours personnel et celui de sa famille, analysant notamment sa dissimulation de ses origines modestes et le basculement de la classe ouvrière de l'extrême gauche vers l'extrême droite. Après une version "sur fond rouge" dressée par Stéphane Arcas il y a deux ans, voici l'adaptation "en distanciation" de Thomas Ostermeier. Le metteur en scène allemand à la tête de la Schaubühne de Berlin y place au premier plan une actrice (Irène Jacob, dans cette version française) en train d'enregistrer la voix off d'un documentaire, accompagnée par le réalisateur et le preneur de son. Un dispositif efficace et ultra maîtrisé pour susciter la réflexion.

© LA MONNAIE/DE MUNT

Macbeth Underworld

Du 22/09 azu 05/10. La Monnaie, Bruxelles.

Il l'avait annoncé au Vif: son prochain spectacle serait un opéra, présenté en création mondiale à la Monnaie. Grand adorateur de Shakespeare, Thomas Jolly monte l'increvable Macbeth, sur une partition du compositeur Pascal Dusapin (Penthesilea, O Mensch!) et un livret de Frédéric Boyer. Quand on connaît le goût du jeune metteur en scène français pour les décors imposants, les grandes distributions et les émotions fortes, on peut s'attendre à en prendre plein les yeux et les oreilles.

© JÉRÔME BEL

Rétrospective et Conférence sur rien (1949)

Les 07 et 08/11. Kaaitheater, Bruxelles.

Agitateur de la danse française à partir des années 90, secoueur de cocotier misant sur un minimalisme déroutant, Jérôme Bel a choisi pour créer son vingtième spectacle de se pencher sur les 19 qui l'ont précédé. Sa Rétrospective est un film constitué d'extraits de ses pièces, soigneusement montés pour mettre en avant les lignes de force de sa démarche. La projection est suivie d'une discussion avec le chorégraphe et se double d'une lecture-performance au titre aussi provocateur qu'éloquent: Conférence sur rien.

© SZPARAGOWSKA

Rrrr Festival

Du 14 au 21/09. Rideau de Bruxelles.

Depuis sa fondation par Claude Étienne en 1943, le Rideau de Bruxelles a toujours défendu les nouvelles écritures. Implantée dans son tout nouvel écrin ixellois, la vénérable institution poursuit cette mission indispensable à travers la troisième édition du rrrr festival, réunissant quatre spectacles -entre autres le lumineux seul en scène en haute montagne Les Voies sauvages- à voir ensemble (intégrale le 21 septembre) ou séparément, et lectures "au coin du bar". Un festin du verbe et de l'imaginaire.

© MICHIEL DEVIJVER

£Y€$ (Lies)

Première le 19/11. Du 19 au 23/11 au Théâtre de Namur et du 26 au 29/03 au PBA de Charleroi.

La compagnie gantoise Ontroerend Goed a déjà fait le tour du monde -et séduit au dernier festival d'Avignon avec la création de la version en français- avec ce "spectacle" ultra participatif où 70 personnes sont invitées à prendre place à des tables de casino et à endosser le rôle de grands banquiers. La logique impitoyable du monde de la finance et son évolution depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la crise de 2008 sont ainsi vécues de l'intérieur à travers la simple manipulation de dés, de jetons et de coupons. Intelligent et terrifiant!

Event Rwanda

Du 29/11 au 13/12. Théâtre Varia, Bruxelles.

La Cantate de Bisesero

"Vous savez, les rues, les collines, n'ont plus rien d'innocent désormais. Elles portent en elles la mémoire de ce qui s'est passé. Alors, est-ce qu'on peut recréer dans ces lieux une sorte d'état d'innocence qui nous permette de nous ouvrir et d'accueillir celui qui vient, qui est là, ou reste-t-on dans la suspicion?" Ainsi s'interroge Carole Karemera, comédienne née en Belgique de parents rwandais et qui a fondé à Kigali la plateforme artistique Ishyo Arts Centre. C'est à son initiative qu'aura lieu au Théâtre Varia, en commémoration des 25 ans du génocide rwandais, Rwanda Event, regroupant plusieurs spectacles, dont certains destinés au jeune public. C'est le cas des Enfants d'Amazi, fable se déroulant dans la région des Grands Lacs, et de Pinocchio le Kikirga, revisitant le conte de Collodi à travers la vie quotidienne en Afrique de l'Ouest. On pourra également y (re)voir La Cantate de Bisesero, chapitre ultime et musical de la pièce-fleuve Rwanda 94 créée en 2000 par le Groupov. We Call It Love, de l'écrivain sénégalais Felwine Sarr et inspiré d'une histoire vraie, place face à face une femme et le bourreau du fils de celle-ci tué lors du génocide. Une veillée multidisciplinaire, Africa Night, complète le programme.

We Call it Love