1950, quelque part dans le Paris populaire entre les Portes d'Auteuil et de Saint-Cloud, vit et travaille Sabine Weiss. Le jour, elle travaille dans un atelier spécialisé dans le portrait, la mode et la pub. Le soir et le week-end, avec son mari peintre, elle fait le tour de son quartier, parfois jusqu'au bois de Boulogne et se laisse porter par le hasard des belles rencontres.

Quand l'Europe chavira, et qu'après 1918, elle compta les morts que lui avaient infligés les combats et l'épidémie de grippe, certains artistes firent du portrait, une arme de guerre.

En enlevant les deux serpents au célébrissime groupe du Laocoon, l'artiste flamand Kris Martin (°1972), avec une légère touche d'humour, libère l'oeuvre de son côté narratif pour en revenir aux seules expressions des personnages et dès lors, toucher à une autre dimension, plus universelle sans doute : l'effroi.

Le peintre anversois Pieter Jennes (né en 1976) était jusqu'il y a peu parfaitement inconnu. En réalité jusqu'à l'heure de la foire de Rotterdam puis de celle de Bruxelles qui révélèrent ce travail à la fois hors de son temps et très actuel.

Après bien des voyages aux pays du minotaure, d'Hermès et des oiseaux morts, où va le peintre qui depuis quatre décennies interroge la toile blanche qu'elle noircit de lueurs ?

Fille d'un anarchiste espagnol, Anita Molinaro (°1953) a la rage en elle. Alors oui, elle est violente. Son combat n'est pas sans évoquer, la certitude en moins, celui du Saint-Georges contre le dragon.

Comment lire cette oeuvre de l'américain Matt Connors réalisée voici quelques semaines à peine ? La complexité des accords chromatiques comme de la manière entre à-plats et empreintes, gestuelle et tracé à la règle contrarient toute forme de clarification.

Depuis tant et tant d'années, Jacques Lacomblez, 84 ans, écoute l'univers comme avant lui Mallarmé, Novalis ou encore Morton Feldman dont il entend les couleurs et les sons.

Enfant, avec sa bande de galopins, Serge Vandercam (1924- 2005) avait fait du parc du Cinquantenaire, le port d'attache d'aventures au long cours. C'est dans ce quartier aussi qu'adolescent, alors que la botte nazie résonne sur les trottoirs, il devient la petite main d'un photographe. Là toujours que durant cette même période, il vient se réchauffer dans les salles du musée de l'armée ou du Cinquantenaire.

Dresde 1945. Celui qui ne s'appelle pas encore A.R. Penck a six ans lorsqu'il assiste au ballet vengeur des bombardiers alliés livre la ville aux rougeoiements des flammes et aux bruits des effondrements. Son univers se nourrira longtemps des ruines et des gravats.

Lucy est née au Royaume Uni en 1966. Jorge, en Argentine en 1953. Depuis 1992, ils signent Lucy + Jorge Orta des oeuvres qui usent d'incarnations aussi différentes que la vidéo, la couture, le dessin, la sculpture ou encore la photographie et la performance.

Est-ce une oeuvre abstraite ? Ou un maillot de foot un peu stylisé ? Oui voilà, c'est bien cela et dans cette toute première exposition en galerie de Bert Huyghe, d'autres équipes, comme ici celle de Valencia, sont au rendez-vous.

L'arbre paraissait indestructible. Il avait bravé les ans et les tempêtes et son écorce semblait le protéger de tous les dangers. Pourtant un jour, il tomba, foudroyé.