Cette saison, on les a vus soutenir la 2e édition de l'Arab Cartoon Festival, faire salle comble avec la Sufi Night et le concert de Souad Massi ou encore réunir des écrivains arabes racontant leur Belgique dans Ceci n'est pas une valise. Ce mois-ci, Moussem organise un festival autour de Casablanca et fait tourner le spectacle palestinien Other Places de Bashar Murkus. En mars, dans le cadre d'un focus sur la musique classique arabe dite "Tarab", à Bozar, on découvrira le compositeur Zad Moultaka avec La Passion d'Adonis, célèbre poète syrien, ainsi que NOON, aux Brigittines, du jeune chorégraphe formé à P.A.R.T.S. Youness Khoukhou. En avril, toujours à Bozar, Anouar Brahem, joueur d'oud et de jazz, présentera son nouveau projet Blue Maqams... Tous ces artistes ont en commun un Orient-Occident, la signature de Moussem dont l'objectif audacieux est d' "interroger le canon artistique dominant et d'engager une réflexion sur les effets de mondialisation suscités par les courants migratoires anciens et récents, en privilégiantles artistes ayant un lien avec le monde arabe...

Cette saison, on les a vus soutenir la 2e édition de l'Arab Cartoon Festival, faire salle comble avec la Sufi Night et le concert de Souad Massi ou encore réunir des écrivains arabes racontant leur Belgique dans Ceci n'est pas une valise. Ce mois-ci, Moussem organise un festival autour de Casablanca et fait tourner le spectacle palestinien Other Places de Bashar Murkus. En mars, dans le cadre d'un focus sur la musique classique arabe dite "Tarab", à Bozar, on découvrira le compositeur Zad Moultaka avec La Passion d'Adonis, célèbre poète syrien, ainsi que NOON, aux Brigittines, du jeune chorégraphe formé à P.A.R.T.S. Youness Khoukhou. En avril, toujours à Bozar, Anouar Brahem, joueur d'oud et de jazz, présentera son nouveau projet Blue Maqams... Tous ces artistes ont en commun un Orient-Occident, la signature de Moussem dont l'objectif audacieux est d' "interroger le canon artistique dominant et d'engager une réflexion sur les effets de mondialisation suscités par les courants migratoires anciens et récents, en privilégiantles artistes ayant un lien avec le monde arabe."Ce Centre Nomade des Arts a réussi un pari risqué: ne pas avoir de lieu propre mais plutôt faire bouger les lignes des programmations contemporaines classiques en coproduisant dans des lieux culturels pointus. Un chemin qui vient de loin, orchestré par son directeur Mohamed Ikoubaân. "En arrivant ici, j'étais confronté au discours d'un racisme primitif -"Tous les Marocains/Turcs sont... ". L'art parle plus qu'un discours politique. Lorsque j'ai commencé à lire des auteurs flamands, d'Hugo Claus à Tom Lanoye, j'ai compris "l'âme flamande". J'ai donc commencé à organiser, dès 1996, des rencontres culturelles dans un cadre associatif. En 2001, on s'est inscrits en tant que Centre d'Arts car, pour influencer la scène artistique, il fallait sortir du socioculturel et viser les politiques artistiques. On parle de "canons" artistiques, de "répertoire" de théâtre, des "collections" des musées. Ça construit le patrimoine d'une communauté. Or, à l'époque, l'Autre, l'immigré, était absent de ce patrimoine. Aujourd'hui, un peu moins. Être un "Centre Nomade des Arts" est un choix délibéré de ne pas être casé dans un lieu spécifique 'interculturel'."Moussem a eu une stratégie visionnaire et pertinente bien qu'il ne soit pas toujours visible du grand public, bien qu'une étiquette "arabe" colle aux artistes. "L'étiquette ethnique et géographique dérange chaque artiste!, poursuit Mohamed Ikoubaân . Le monde est ainsi fait. Autre travers: que ces artistes soient représentatifs d'une communauté, d'une culture. On essaye d'échapper à cela. Par exemple, je ne me vois pas produire une création directement axée sur le djihad. De plus, le fait que nos artistes soient mélangés dans la programmation d'autres lieux, avec d'autres artistes, permet d'atténuer les étiquettes. Toutefois, on se le permet lors de festivals thématiques parce qu'il y toujours un besoin de comprendre le monde de l'autre."Subventionné par la Communauté flamande, Moussem ("fête" en berbère) reste une aventure singulière qui a permis, entre autres, d'élargir le regard des programmateurs et d'offrir une réelle offre artistique diversifiée pour les spectateurs. Bémol: sa quasi inexistence sur la scène francophone. "Depuis plus de deux ans, nous sommes installés à Bruxelles où l'on rencontre la scène francophone. La Fédération Wallonie-Bruxelles célèbre le Maroc en 2018. On proposera un répertoire marocain avec La Charge du rhinocéros. On dialogue avec le Théâtre national pour la saison prochaine. Je ne suis pas dans une approche identitaire, cela restera toujours une approche artistique contemporaine avant tout."