C'est un peu "En attendant Godot": l'ensemble des festivals d'été en France, ceux de musiques actuelles comme ceux du lyrique (Festival d'Aix-en-Provence, Chorégies d'Orange, etc) attendent un miracle, celui d'un déconfinement début mai, suivi d'une ré-autorisation des rassemblements.

Pour l'heure, ils sont au pire menacés par le cauchemar de l'annulation, au mieux, de reports ou d'être confinés à une forme réduite. Avec la grande question de savoir, même s'ils sont maintenus, si le public sera tout de même au rendez-vous.

"On est inquiet mais on a encore de l'espoir", affirme le directeur du Festival d'Avignon Olivier Py, qui doit dévoiler mercredi après-midi, en ligne, la programmation "rêvée" de l'édition 2020 (3-23 juillet). Pour lui, il n'y a pour le moment qu'une certitude: "si le déconfinement n'intervient pas dans la deuxième quinzaine du mois de mai, il sera difficile d'organiser un festival".

Mais, souligne-t-il, "il est de ma responsabilité de maintenir le plus longtemps possible cette possibilité car ça serait un manque de courage incroyable que de jeter l'éponge aujourd'hui".

De toute façon, nous respecterons ce que les autorités sanitaires exigeront de nous

Depuis sa création en 1947, le Festival n'a été annulé qu'une seule fois, en 2003, en plein conflit des intermittents du spectacle.

"Manque de visibilité"

Pour M. Py, une annulation "mettrait en péril un nombre incalculable de compagnies internationales et l'économie de la ville, donc ce n'est certainement pas une décision qu'on va prendre avant d'avoir des précisions".

La Cité des Papes devient chaque juillet la "capitale du théâtre", attirant 700.000 visiteurs qui viennent assister au Festival principal, dit le "in" mais surtout au "Off", encore plus grand (plus de 1.500 spectacles, donnés par un millier de compagnies dans 200 théâtres de la ville).

Des retombées économiques pour Avignon qui seraient de l'ordre de 100 millions d'euros, dont 25 millions générés par le "in". Une annulation serait catastrophique pour des milliers d'artistes et de techniciens, dont de nombreux intermittents.

Mardi, le "Off" a affirmé aussi continuer à préparer l'édition 2020.

Mais les organisateurs sont "conscients qu'une fin du confinement après le 4 mai ou qu'un manque de visibilité quant à la date de réouverture des salles de spectacles rendrait difficile, voire impossible, pour de nombreuses compagnies et producteurs le fait de participer au festival OFF d'Avignon", affirme un communiqué.

"Points d'interrogation"

Pour M. Py, c'est la date d'ouverture qui est la plus menacée.

La Cour d'honneur, lieu emblématique du Palais des Papes où se tient le spectacle d'ouverture devant 2.000 personnes, "est certainement en termes de calendrier la plus fragile", dit-il.

"Il faut impérativement qu'on commence à monter la cour début mai pour pouvoir ouvrir le 3 juillet sinon on n'aura pas le temps. C'est probablement notre plus grosse inquiétude".

Le Festival "in" est doté d'un budget d'environ 13 millions d'euros, dont 57% de subventions et 43% de recettes propres.

Avec plus de 40 spectacles programmés chaque année pour le "in", dont la moitié impliquent des compagnies étrangères, le maintien du Festival est d'autant plus fragilisé que, selon M. Py, "il y a plus de créations que jamais, une trentaine, et une grande partie des spectacles n'ont pas été créés", indique le directeur, qui évoque également la possibilité d'un Festival réduit.

Cela fait beaucoup de points d'interrogation

Il précise qu'aucune compagnie n'a pour le moment annulé, sauf une qui devait répéter en Allemagne. Et "la très grande majorité des équipes tiennent à ce que le Festival ait lieu et sont prêtes à présenter les spectacles même si ce n'est pas exactement le spectacle qu'ils voulaient. J'ai trouvé ça très courageux".

Cette édition a pour "fil rouge" "Eros et Thanatos" (désir et mort). Un thème choisi l'an dernier, bien avant l'hécatombe provoquée par l'épidémie de Covid-19.

C'est un peu "En attendant Godot": l'ensemble des festivals d'été en France, ceux de musiques actuelles comme ceux du lyrique (Festival d'Aix-en-Provence, Chorégies d'Orange, etc) attendent un miracle, celui d'un déconfinement début mai, suivi d'une ré-autorisation des rassemblements. Pour l'heure, ils sont au pire menacés par le cauchemar de l'annulation, au mieux, de reports ou d'être confinés à une forme réduite. Avec la grande question de savoir, même s'ils sont maintenus, si le public sera tout de même au rendez-vous."On est inquiet mais on a encore de l'espoir", affirme le directeur du Festival d'Avignon Olivier Py, qui doit dévoiler mercredi après-midi, en ligne, la programmation "rêvée" de l'édition 2020 (3-23 juillet). Pour lui, il n'y a pour le moment qu'une certitude: "si le déconfinement n'intervient pas dans la deuxième quinzaine du mois de mai, il sera difficile d'organiser un festival".Mais, souligne-t-il, "il est de ma responsabilité de maintenir le plus longtemps possible cette possibilité car ça serait un manque de courage incroyable que de jeter l'éponge aujourd'hui".Depuis sa création en 1947, le Festival n'a été annulé qu'une seule fois, en 2003, en plein conflit des intermittents du spectacle.Pour M. Py, une annulation "mettrait en péril un nombre incalculable de compagnies internationales et l'économie de la ville, donc ce n'est certainement pas une décision qu'on va prendre avant d'avoir des précisions".La Cité des Papes devient chaque juillet la "capitale du théâtre", attirant 700.000 visiteurs qui viennent assister au Festival principal, dit le "in" mais surtout au "Off", encore plus grand (plus de 1.500 spectacles, donnés par un millier de compagnies dans 200 théâtres de la ville).Des retombées économiques pour Avignon qui seraient de l'ordre de 100 millions d'euros, dont 25 millions générés par le "in". Une annulation serait catastrophique pour des milliers d'artistes et de techniciens, dont de nombreux intermittents.Mardi, le "Off" a affirmé aussi continuer à préparer l'édition 2020.Mais les organisateurs sont "conscients qu'une fin du confinement après le 4 mai ou qu'un manque de visibilité quant à la date de réouverture des salles de spectacles rendrait difficile, voire impossible, pour de nombreuses compagnies et producteurs le fait de participer au festival OFF d'Avignon", affirme un communiqué.Pour M. Py, c'est la date d'ouverture qui est la plus menacée. La Cour d'honneur, lieu emblématique du Palais des Papes où se tient le spectacle d'ouverture devant 2.000 personnes, "est certainement en termes de calendrier la plus fragile", dit-il."Il faut impérativement qu'on commence à monter la cour début mai pour pouvoir ouvrir le 3 juillet sinon on n'aura pas le temps. C'est probablement notre plus grosse inquiétude".Le Festival "in" est doté d'un budget d'environ 13 millions d'euros, dont 57% de subventions et 43% de recettes propres.Avec plus de 40 spectacles programmés chaque année pour le "in", dont la moitié impliquent des compagnies étrangères, le maintien du Festival est d'autant plus fragilisé que, selon M. Py, "il y a plus de créations que jamais, une trentaine, et une grande partie des spectacles n'ont pas été créés", indique le directeur, qui évoque également la possibilité d'un Festival réduit.Il précise qu'aucune compagnie n'a pour le moment annulé, sauf une qui devait répéter en Allemagne. Et "la très grande majorité des équipes tiennent à ce que le Festival ait lieu et sont prêtes à présenter les spectacles même si ce n'est pas exactement le spectacle qu'ils voulaient. J'ai trouvé ça très courageux".Cette édition a pour "fil rouge" "Eros et Thanatos" (désir et mort). Un thème choisi l'an dernier, bien avant l'hécatombe provoquée par l'épidémie de Covid-19.