Art Institute of Chicago

Deuxième plus grand musée d'art des États-Unis après le Metropolitan Museum of Art de New York, l'Art Institute of Chicago abrite l'un des plus importants patrimoines d'art ancien et moderne du pays de l'Oncle Sam. Pas radine, cette institution qui se déploie sur près de 100.000 mètres carrés fait valoir une vitrine en ligne à la hauteur de ses quinze collections (africaine, gravure et dessin, amérindienne, contemporaine...). Opéré en 2018, ce partage concerne 52.438 oeuvres mises à la disposition du public sous licences Creative Commons (soit une protection qui concilie droits d'auteur et libre circulation du contenu culturel de l'oeuvre). Au bout de la souris et de l'onglet "The Collection"? Une foule de chefs-d'oeuvre dans lesquels on peut se promener à la faveur d'un zoom hyper efficace, avec également la possibilité de télécharger-diffuser certaines image...

Deuxième plus grand musée d'art des États-Unis après le Metropolitan Museum of Art de New York, l'Art Institute of Chicago abrite l'un des plus importants patrimoines d'art ancien et moderne du pays de l'Oncle Sam. Pas radine, cette institution qui se déploie sur près de 100.000 mètres carrés fait valoir une vitrine en ligne à la hauteur de ses quinze collections (africaine, gravure et dessin, amérindienne, contemporaine...). Opéré en 2018, ce partage concerne 52.438 oeuvres mises à la disposition du public sous licences Creative Commons (soit une protection qui concilie droits d'auteur et libre circulation du contenu culturel de l'oeuvre). Au bout de la souris et de l'onglet "The Collection"? Une foule de chefs-d'oeuvre dans lesquels on peut se promener à la faveur d'un zoom hyper efficace, avec également la possibilité de télécharger-diffuser certaines images. Outre les sections poids lourds façon "Pop Art" et "Impressionnisme", il ne faut surtout pas passer à côté de "African Diaspora", qui livre une Histoire des États-Unis en creux, notamment à travers le photographe Gordon Parks ou un peintre comme Benny Andrews. En matière de mise à disposition de ressources numériques, le Rijksmuseum fait figure de premier de classe, raison pour laquelle il est difficile de ne pas le citer quand il est question d'open data. Pour cause, le travail de digitalisation a été entrepris depuis... 2010. C'est dire si les Pays-Bas ont une sérieuse avance en la matière. Du coup, ce n'est pas moins de 200.000 reproductions d'oeuvres qui sont à découvrir -un record en la matière. Le tout est fourni avec bonus dans la mesure où il est possible de télécharger les images et de les détourner (ce que l'institution néerlandaise incite vivement à faire). On aime également le fait que nombreuses sont les reproductions qui se découvrent accompagnées d'extraits sonores directement empruntés aux audioguides les présentant. Le coup de coeur? La sélection d'oeuvres de Rembrandt, dont la variété permet de toucher de l'oeil la palette veloutée de ce peintre exceptionnel. Une plongée en apnée au coeur du clair-obscur qui culmine dans un pudique autoportrait réalisé aux alentours de 1628. Pas envie de se contenter d'art ancien et d'art moderne? On peut comprendre: il n'y a aucune raison objective à moisir dans les couloirs du temps. Avec beaucoup d'à-propos, Google Arts & Culture permet de se mouvoir aussi à l'intérieur de tableaux qui, bien que récents, n'en ont pas moins secoué la tradition picturale. Certes, la sélection s'avère plus modeste -et glanée dans des musées des quatre coins du globe-, il est question de 2 000 pièces, mais elle possède l'avantage de s'adresser directement à nous. Des exemples? Yue Minjun, dont on peut admirer le Fee and Leisure -10, une composition grinçante sur le temps libre en Chine post-Mao. Il est également question des icônes déjantées, déclinées à travers des compositions panoramiques, de Grayson Perry, artiste britannique célèbre pour avoir éclairé le Brexit sous un jour nouveau. Attention, ce mode de découverte est hautement addictif et incite à faire défiler les images de façon compulsive... Jusqu'à, pourquoi pas, tomber en extase devant un lumineux portrait de James Baldwin signé par Beauford Delaney. L'art contemporain est souvent le grand absent de l'open data, question de droits d'auteur oblige. Sous la pression de la crise du Covid-19, le musée turinois Castello di Rivoli s'est embarqué dans un fascinant projet de partage de ses collections actuelles. Nom de code?Cosmo Digitale. L'initiative vaut le détour en ce qu'elle reprend, entre autres, une série de vidéos, assez émouvantes, de Giuseppe Penone, figure marquante de l'arte povera. Mention spéciale pour cette séquence à la simplicité désarmante dans laquelle l'artiste organise la rencontre entre l'une de ses oeuvres et l'hélice d'un frêne, grand classique de la fascination enfantine. Le site compile également desartist talkstrès denses, notamment une conférence d'Hito Steyerl, dont la réputation de papesse de la création n'est plus à faire. Le regret? Ne pas pouvoir profiter d'une longue séquence dans laquelle la directrice du musée commente en italien la portée de l'oeuvre la plus significative de la collection: le cheval suspendu par Maurizio Cattelan sous une des voûtes du remarquable château de la Maison de Savoie.