Quand en 1995, le peintre Bernard Huot achète une vieille ferme dans le petit village de Montivernage dans le Doubs, il ignore tout de ce que le hasard lui réserve. Mais alors qu'il restaure l'ancien bâti, il découvre, dans les cloisons et les faux-plafonds, d'étranges objets cachés mais surtout des animaux auto-momifiés. Il aurait pu n'y prêter aucune attention et poursuivre son ouvrage. Mais au plus profond de lui, il est "touché".

L'expérience l'amène à revisiter les traditions et à redécouvrir la valeur planétaire des rituels funéraires. Ce sera le point d'ancrage de son travail à venir. Pendant une quinzaine d'années, dans l'anonymat le plus profond, il recherche divers animaux naturalisés qu'il couvre de tissus colorés, colliers de bois, coquillages, verreries, objets de cultes, passementeries exotiques et autres éléments tissés, cousus, enfilés et brodés mais qui, toujours, ont un jour "vécu". Ainsi, peu à peu, couche après couche, il lui parait "réveiller quelque-chose" : "Je sais qu'une oeuvre est terminée lorsque la dernière pièce m'avertit qu'à ce moment, l'animal est à nouveau vivant".

En 2012, son oeuvre est enfin remarquée par le collectionneur Antoine de Galbert qui va la faire connaître au grand jour en organisant une première grande exposition dans son espace de "La Maison rouge" à Paris. C'est que Benoit Huot, avec la patience des soigneurs, relie ses intuitions les plus secrètes à une anthropologie qui mêle l'univers méso-américain et l'Afrique noire, les folklores d'Europe ou les couleurs de l'Inde. Ces mélanges pourraient faire sourire et ne relever que d'une surenchère décorative mais, par la cohérence finalement obtenue au fil de ce qui est un véritable rituel, l'oeuvre force l'admiration en même temps qu'elle inscrit une terreur. Car on devine sans peine que, face à l'animal naturalisé et tout le temps que dure son "habillage", Benoit Huot sait qu'en face de lui, un être cherche à lui confier ses secrets....

Bruxelles, Galerie Dys. 84, rue de l'arbre bénit (1050). Jusqu'au 10 octobre. Du jeudi au vendredi de 11h à 18h. Samedi et dimanche de 14h à 18h. www.galeriedys.com

Quand en 1995, le peintre Bernard Huot achète une vieille ferme dans le petit village de Montivernage dans le Doubs, il ignore tout de ce que le hasard lui réserve. Mais alors qu'il restaure l'ancien bâti, il découvre, dans les cloisons et les faux-plafonds, d'étranges objets cachés mais surtout des animaux auto-momifiés. Il aurait pu n'y prêter aucune attention et poursuivre son ouvrage. Mais au plus profond de lui, il est "touché". L'expérience l'amène à revisiter les traditions et à redécouvrir la valeur planétaire des rituels funéraires. Ce sera le point d'ancrage de son travail à venir. Pendant une quinzaine d'années, dans l'anonymat le plus profond, il recherche divers animaux naturalisés qu'il couvre de tissus colorés, colliers de bois, coquillages, verreries, objets de cultes, passementeries exotiques et autres éléments tissés, cousus, enfilés et brodés mais qui, toujours, ont un jour "vécu". Ainsi, peu à peu, couche après couche, il lui parait "réveiller quelque-chose" : "Je sais qu'une oeuvre est terminée lorsque la dernière pièce m'avertit qu'à ce moment, l'animal est à nouveau vivant". En 2012, son oeuvre est enfin remarquée par le collectionneur Antoine de Galbert qui va la faire connaître au grand jour en organisant une première grande exposition dans son espace de "La Maison rouge" à Paris. C'est que Benoit Huot, avec la patience des soigneurs, relie ses intuitions les plus secrètes à une anthropologie qui mêle l'univers méso-américain et l'Afrique noire, les folklores d'Europe ou les couleurs de l'Inde. Ces mélanges pourraient faire sourire et ne relever que d'une surenchère décorative mais, par la cohérence finalement obtenue au fil de ce qui est un véritable rituel, l'oeuvre force l'admiration en même temps qu'elle inscrit une terreur. Car on devine sans peine que, face à l'animal naturalisé et tout le temps que dure son "habillage", Benoit Huot sait qu'en face de lui, un être cherche à lui confier ses secrets....Bruxelles, Galerie Dys. 84, rue de l'arbre bénit (1050). Jusqu'au 10 octobre. Du jeudi au vendredi de 11h à 18h. Samedi et dimanche de 14h à 18h. www.galeriedys.com