Pourquoi, de même, accorder à la coquille Saint-Jacques un symbolisme puissant qui se porte précieusement comme une preuve de l'accomplissement du voyage. Mais quel voyage ?

Avec ces yeux si sombres habités seulement par l'éclat d'une étoile, l'homme qui voilà amené des fonds à la lumière de lune par un lent travail au pastel sec, fixe moins le monde qu'il l'aspire en amenant aux bordures de sa bouche, le célèbre pectnidé dont la géométrie de l'écaille pourrait le guider jusqu'aux clés du réel.

Passionné depuis son plus jeune âge par les mathématiques et la peinture, Octave Landuyt cherche ainsi depuis plus de 80 ans les lois de symétrie qui gouvernent l'universel. La science le conduira très tôt à visualiser, dans un laboratoire de l'université de Gand et grâce aux premiers microscopes électroniques, la peau en ses dimensions d''infiniment petit que dans les grisailles d'abord, avec les couleurs ensuite, il retranscrira au risque de voir ses tableaux de grandes dimensions confondus avec un exercice d'art abstrait.

Plus tard, c'est avec Ilya Prigogine, le célèbre prix Nobel de chimie, qu'il s'entretiendra du réel et de ses écarts inattendus comme peuvent l'être les intuitions des poètes. Arrimé depuis toujours dans une sorte de bunker planté au milieu d'un paysage habité de tranches de bois fichées dans le sol, le créateur gantois aussi farouche que solitaire, rejoint chaque jour son matériel dans son atelier, et, parfois, rejoint en sous-sol, une véritable caverne du monde où dialoguent ses collections figées de minéraux, coquillages, animaux empaillés, squelettes et autres hybrides curieux accumulés aux côtés d'oeuvres d'art du monde crées par des artisans anonymes dont, là aussi, il interroge les secrets comme il le fait du sfumato de Léonard de Vinci ou des chimies à jamais perdues. Homo faber oui, comme Van Eyck mais pour faire naître, à la surface de la composition, l'esprit d'une germination infinie qui se moque bien des limites de l'espace comme de la finitude annoncée.

Regarder, avancer, pas à pas et comme le suggère ici l'oeuvre, boire l'eau qui s'écoule de la coquille Saint-Jacques comme une eau de baptême qui ouvre le chemin et que cet artiste flamand de 97 ans, continue à rythmer d'oeuvres habitées : "Voir chaque jour, le monde comme si c'était la dernière fois". Demain, soyez-rn certain, Landuyt sera devant son chevalet et interrogera encore et encore l'implacable beauté de l'exception.

Knokke-Zoute. Galerie De Mijlpaal. Zeedijk 816. Jusqu'au 1er mars. Du vendredi au dimanche de 14h à 18h. www.demijlpaal.com

Pourquoi, de même, accorder à la coquille Saint-Jacques un symbolisme puissant qui se porte précieusement comme une preuve de l'accomplissement du voyage. Mais quel voyage ? Avec ces yeux si sombres habités seulement par l'éclat d'une étoile, l'homme qui voilà amené des fonds à la lumière de lune par un lent travail au pastel sec, fixe moins le monde qu'il l'aspire en amenant aux bordures de sa bouche, le célèbre pectnidé dont la géométrie de l'écaille pourrait le guider jusqu'aux clés du réel. Passionné depuis son plus jeune âge par les mathématiques et la peinture, Octave Landuyt cherche ainsi depuis plus de 80 ans les lois de symétrie qui gouvernent l'universel. La science le conduira très tôt à visualiser, dans un laboratoire de l'université de Gand et grâce aux premiers microscopes électroniques, la peau en ses dimensions d''infiniment petit que dans les grisailles d'abord, avec les couleurs ensuite, il retranscrira au risque de voir ses tableaux de grandes dimensions confondus avec un exercice d'art abstrait. Plus tard, c'est avec Ilya Prigogine, le célèbre prix Nobel de chimie, qu'il s'entretiendra du réel et de ses écarts inattendus comme peuvent l'être les intuitions des poètes. Arrimé depuis toujours dans une sorte de bunker planté au milieu d'un paysage habité de tranches de bois fichées dans le sol, le créateur gantois aussi farouche que solitaire, rejoint chaque jour son matériel dans son atelier, et, parfois, rejoint en sous-sol, une véritable caverne du monde où dialoguent ses collections figées de minéraux, coquillages, animaux empaillés, squelettes et autres hybrides curieux accumulés aux côtés d'oeuvres d'art du monde crées par des artisans anonymes dont, là aussi, il interroge les secrets comme il le fait du sfumato de Léonard de Vinci ou des chimies à jamais perdues. Homo faber oui, comme Van Eyck mais pour faire naître, à la surface de la composition, l'esprit d'une germination infinie qui se moque bien des limites de l'espace comme de la finitude annoncée. Regarder, avancer, pas à pas et comme le suggère ici l'oeuvre, boire l'eau qui s'écoule de la coquille Saint-Jacques comme une eau de baptême qui ouvre le chemin et que cet artiste flamand de 97 ans, continue à rythmer d'oeuvres habitées : "Voir chaque jour, le monde comme si c'était la dernière fois". Demain, soyez-rn certain, Landuyt sera devant son chevalet et interrogera encore et encore l'implacable beauté de l'exception.