Aucune présence humaine, aucune trace d'une activité, aucune référence géographique précise ne vient troubler la contemplation. On pourrait y chercher une pureté originelle hors du temps, sauvage et indestructible. Sauf qu'en approchant le regard, la texture se déréalise. Sur la surface minérale s'oppose alors un nombre infini de tracés graphiques fortement lumineux qui disent la texture et des zones noires d'une grande densité évocatrices des ombres, des creux et des crevasses. En réalité, l'oeuvre ne semble plus renvoyer à un "objet" (la vue d'un paysage) car l'image se brouille et gagne une autre dimension gagnée par l'abstraction. Visuellement, on n'est pas loin du travail d'un aquafortiste, de ses tracés à la pointe et de ses noirs travaillés à l'acide. Et pourtant, il s'agit bien de photographie.

Sans trucage, sans manipulation, les surfaces d'énergie proposées par Bernard Descamp doivent seulement à la qualité de la prise de vue (des temps longs) et à celui du tirage réalisé selon un procédé inventé par Henri Fox Talbot aux origines de l'histoire de la photographie: "les sels d'argent". Mais du coup, le paysage, aux antipodes du documentaire devient une page, un lieu mental dans lequel l'esprit se promène, cherche, respire. Ou comme l'écrit le photographe, "une poésie". Une poésie qui, comme l'écrit Maria Spiegel dans l'ouvrage "natura" publié aux éditions Filigranes, "se situe justement dans l'écart entre les attentes peut-être inconscientes, suscitées et non assouvies". Dans l'exposition, aux côtés de cette série consacrée aux paysages de montagnes, on découvre des suites sur la mer, les forêts et les oiseaux en vol.

Bruxelles, Box Galerie. 102 chaussée de Vleurgat (1050). Jusqu'au 29 février. Du mercredi au samedi de 12h à 18h. www.boxgalerie.be

Aucune présence humaine, aucune trace d'une activité, aucune référence géographique précise ne vient troubler la contemplation. On pourrait y chercher une pureté originelle hors du temps, sauvage et indestructible. Sauf qu'en approchant le regard, la texture se déréalise. Sur la surface minérale s'oppose alors un nombre infini de tracés graphiques fortement lumineux qui disent la texture et des zones noires d'une grande densité évocatrices des ombres, des creux et des crevasses. En réalité, l'oeuvre ne semble plus renvoyer à un "objet" (la vue d'un paysage) car l'image se brouille et gagne une autre dimension gagnée par l'abstraction. Visuellement, on n'est pas loin du travail d'un aquafortiste, de ses tracés à la pointe et de ses noirs travaillés à l'acide. Et pourtant, il s'agit bien de photographie. Sans trucage, sans manipulation, les surfaces d'énergie proposées par Bernard Descamp doivent seulement à la qualité de la prise de vue (des temps longs) et à celui du tirage réalisé selon un procédé inventé par Henri Fox Talbot aux origines de l'histoire de la photographie: "les sels d'argent". Mais du coup, le paysage, aux antipodes du documentaire devient une page, un lieu mental dans lequel l'esprit se promène, cherche, respire. Ou comme l'écrit le photographe, "une poésie". Une poésie qui, comme l'écrit Maria Spiegel dans l'ouvrage "natura" publié aux éditions Filigranes, "se situe justement dans l'écart entre les attentes peut-être inconscientes, suscitées et non assouvies". Dans l'exposition, aux côtés de cette série consacrée aux paysages de montagnes, on découvre des suites sur la mer, les forêts et les oiseaux en vol.