L'Allemand Anton Henning a vingt ans dans les années 1980 quand il fréquente les milieux de l'art à Londres puis à New-York. S'il débute par des autoportraits de facture très réaliste, il appartient aussi à la génération des Basquiat, Kenny Scharf et autres David Salle qui, s'opposant aux divers minimalismes triomphant, se tourne vers les arts de la rue, l'expressionisme et quelques figures tutélaires. On songe à Francis Picabia (dit "le loustic" à l'heure de Dada) et à De Chirico qui, à l'époque du fascisme, s'englua dans une auto-parodie conciliant classicisme et mauvais goût.

A Berlin, Henning va développer une manière qui n'est pas sans évoquer celle, joyeusement provocatrice de l'oublié du Pop Art, l'Américain Peter Saul (récemment mis à l'honneur dans une grande rétrospective à Bordeaux). Entendez, une peinture savante aux allures (trompeuses) de vulgarité.

En réalité, ses compositions mêlent joyeusement, depuis les années 2000, styles, manières et sujets de la peinture ancienne (récemment un ensemble dédié à Frans Hals au musée de Haarlem), du XIXe comme Courbet mais surtout des grands noms de la modernité comme Picasso, Matisse, Delaunay, Arp, Hockney, Dubuffet, Noland et même Magritte.

Deux thématiques dominent : les "intérieurs" et le "nu féminin". A la première se rattachent bien sûr les grands intérieurs matissiens peints sur toile. Ils s'incarnent aussi dans des environnements plus larges qui métamorphosent une pièce (bistrot, galerie, musée) en oeuvre d'art total allant des murs au plafond et du mobilier à la décoration incluant de la sculpture, de la peinture et de la musique. La seconde se focalise autour d'un titre générique qui en appelle à la "pin-up" du Pop art, de la pornographie mais aussi et surtout des Vierge, Léda et autres Venus des grandes traditions.

Dans cette toile récente intitulée "Intérieur avec pin-up et fruits", il combine les deux à la faveur d'une hybridité de teintes et de références qui, en final, relève d'un jeu tout à la fois de massacre et d'apothéose.

Anvers, Galerie Tim Van Laere. Jos Smolderenstraat 50. Jusqu'au 18 janvier. Du mardi au samedi de 13h à 18h. www.timvanlaeregallery.com

L'Allemand Anton Henning a vingt ans dans les années 1980 quand il fréquente les milieux de l'art à Londres puis à New-York. S'il débute par des autoportraits de facture très réaliste, il appartient aussi à la génération des Basquiat, Kenny Scharf et autres David Salle qui, s'opposant aux divers minimalismes triomphant, se tourne vers les arts de la rue, l'expressionisme et quelques figures tutélaires. On songe à Francis Picabia (dit "le loustic" à l'heure de Dada) et à De Chirico qui, à l'époque du fascisme, s'englua dans une auto-parodie conciliant classicisme et mauvais goût. A Berlin, Henning va développer une manière qui n'est pas sans évoquer celle, joyeusement provocatrice de l'oublié du Pop Art, l'Américain Peter Saul (récemment mis à l'honneur dans une grande rétrospective à Bordeaux). Entendez, une peinture savante aux allures (trompeuses) de vulgarité. En réalité, ses compositions mêlent joyeusement, depuis les années 2000, styles, manières et sujets de la peinture ancienne (récemment un ensemble dédié à Frans Hals au musée de Haarlem), du XIXe comme Courbet mais surtout des grands noms de la modernité comme Picasso, Matisse, Delaunay, Arp, Hockney, Dubuffet, Noland et même Magritte. Deux thématiques dominent : les "intérieurs" et le "nu féminin". A la première se rattachent bien sûr les grands intérieurs matissiens peints sur toile. Ils s'incarnent aussi dans des environnements plus larges qui métamorphosent une pièce (bistrot, galerie, musée) en oeuvre d'art total allant des murs au plafond et du mobilier à la décoration incluant de la sculpture, de la peinture et de la musique. La seconde se focalise autour d'un titre générique qui en appelle à la "pin-up" du Pop art, de la pornographie mais aussi et surtout des Vierge, Léda et autres Venus des grandes traditions. Dans cette toile récente intitulée "Intérieur avec pin-up et fruits", il combine les deux à la faveur d'une hybridité de teintes et de références qui, en final, relève d'un jeu tout à la fois de massacre et d'apothéose.