Nous sommes nombreux à avoir vu en 2016 les images d'Alep, deuxième ville de Syrie, à la faveur d'un film d'environ deux minutes enregistré par un drone. Le choc. Quatre années de guerre avaient réduit la cité en poussière. Le désolant spectacle déroulé ne pouvait laisser indifférent.

Le 23 avril 2017, c'est-à-dire peu de temps après que ce patrimoine mondial de l'humanité, classé en 1986, soit à nouveau accessible, l'équipe d'Iconem se rendait sur les lieux. Iconem? Une start-up fondée à Paris par Yves Ubelmann qui s'emploie, aussi à l'aide de drones, objets techniques pour le moins ambivalents, à constituer une sorte de "double numérique" de la ville figeant l'état du bâti. Le résultat s'avère être une précieuse documentation pour les historiens et les urbanistes à la veille d'une potentielle reconstruction.

Avec beaucoup d'à-propos, la Fondation Boghossian dédie les trois salles de son sous-sol à cette initiative. Ponctué de plusieurs écrans et de quelques lithographies anciennes, le dispositif mis en place évoque les mécanismes actuels dont se sert l'art contemporain, particulièrement celui travaillé par le "Care", ce souci des autres et du monde.

Tout commence par un plan de la ville qui surgit en 3D par le biais d'une application téléchargée avec un téléphone portable. Ensuite, une séquence frontale, classique serait-on tenté d'écrire, offre un regard documentaire sur Alep. Viennent après deux repérages-reconstitutions signés Iconem qui surgissent sur fond de bande-son planante. Ceux-ci offrent une immersion poétique et hypnotique dans la ville à travers un graphisme particulier - les pixels sont ici des triangles évoquant un pointillisme d'un genre nouveau. On termine la visite par une séquence documentaire qui plonge dans les coulisses des prises de vues opérées sur différents sites par la société d'Ubelmann.

On quitte les lieux avec cette impression d'avoir déambulé aux quatre coins du périmètre urbain, de la Mosquée des Omeyyades à la Citadelle, en passant par les souks qui sont le plus grand marché couvert du monde.

Alep, Fondation Boghossian, 67, avenue Franklin Roosevelt, à 1050 Bruxelles. Jusqu'au 31/01. ****

www.boghossianfoundation.be

Nous sommes nombreux à avoir vu en 2016 les images d'Alep, deuxième ville de Syrie, à la faveur d'un film d'environ deux minutes enregistré par un drone. Le choc. Quatre années de guerre avaient réduit la cité en poussière. Le désolant spectacle déroulé ne pouvait laisser indifférent. Le 23 avril 2017, c'est-à-dire peu de temps après que ce patrimoine mondial de l'humanité, classé en 1986, soit à nouveau accessible, l'équipe d'Iconem se rendait sur les lieux. Iconem? Une start-up fondée à Paris par Yves Ubelmann qui s'emploie, aussi à l'aide de drones, objets techniques pour le moins ambivalents, à constituer une sorte de "double numérique" de la ville figeant l'état du bâti. Le résultat s'avère être une précieuse documentation pour les historiens et les urbanistes à la veille d'une potentielle reconstruction. Avec beaucoup d'à-propos, la Fondation Boghossian dédie les trois salles de son sous-sol à cette initiative. Ponctué de plusieurs écrans et de quelques lithographies anciennes, le dispositif mis en place évoque les mécanismes actuels dont se sert l'art contemporain, particulièrement celui travaillé par le "Care", ce souci des autres et du monde. Tout commence par un plan de la ville qui surgit en 3D par le biais d'une application téléchargée avec un téléphone portable. Ensuite, une séquence frontale, classique serait-on tenté d'écrire, offre un regard documentaire sur Alep. Viennent après deux repérages-reconstitutions signés Iconem qui surgissent sur fond de bande-son planante. Ceux-ci offrent une immersion poétique et hypnotique dans la ville à travers un graphisme particulier - les pixels sont ici des triangles évoquant un pointillisme d'un genre nouveau. On termine la visite par une séquence documentaire qui plonge dans les coulisses des prises de vues opérées sur différents sites par la société d'Ubelmann. On quitte les lieux avec cette impression d'avoir déambulé aux quatre coins du périmètre urbain, de la Mosquée des Omeyyades à la Citadelle, en passant par les souks qui sont le plus grand marché couvert du monde.