Avec Strokar Inside, Alexandra Lambert -directrice du MAD Brussels- et Fred Atax -comédien et grand reporter- frappent un grand coup à la porte de l'art urbain, une discipline que certaines communes bruxelloises se plaisent à considérer comme une "lèpre"... Sans s'embarrasser de pousser la réflexion plus loin. Le duo avait déjà fait parler de lui à l'occasion de deux expositions sur ce thème dans les anciens établissements Vanderborght. Cette fois, ils passent à ...

Avec Strokar Inside, Alexandra Lambert -directrice du MAD Brussels- et Fred Atax -comédien et grand reporter- frappent un grand coup à la porte de l'art urbain, une discipline que certaines communes bruxelloises se plaisent à considérer comme une "lèpre"... Sans s'embarrasser de pousser la réflexion plus loin. Le duo avait déjà fait parler de lui à l'occasion de deux expositions sur ce thème dans les anciens établissements Vanderborght. Cette fois, ils passent à la vitesse supérieure à la faveur d'une nouvelle localisation totalement inattendue: l'ancien Delhaize Molière situé non loin de la Bascule. But de la manoeuvre? Mettre tout simplement sur pied un "hub référentiel dédié à la culture urbaine, une plateforme 4.0 à l'échelle européenne". Si l'on était en droit de trouver cette note d'intention un rien prétentieuse sur papier, une visite in situ nous a cloué le bec. Le projet qui réunit une centaine d'artistes sur 5.000 mètres carrés coupe le souffle. Divisé en deux parties, une partie "galerie" dans laquelle il est possible d'acquérir des oeuvres -notamment de pointures ayant fait les beaux jours du graffiti new-yorkais des années 70- et une partie immersive déclinant d'immenses fresques, le lieu en impose sérieusement. Le tout est pensé de manière "work in progress" dans la mesure où, au fil des mois que durera l'occupation (à l'heure actuelle personne ne peut dire quel sera le temps de vie de Strokar Inside, dont l'existence est suspendue à un projet immobilier entravé par une demande de classement au patrimoine de la ville), d'autres intervenants vont s'emparer des murs pour signer de nouvelles oeuvres. L'honnêteté invite à reconnaître que toutes les interventions ne sont pas au même niveau, certains artistes s'étant contentés de mettre en couleurs des images projetées. D'autres, en revanche, ont plus que fait le job. On pense à Jean-Luc Moerman, dont les formes organiques sont parties à la conquête d'un endroit où les contours du bâtiment font des merveilles. Sans oublier ce qui sera pour beaucoup le clou du spectacle: un triptyque monumental, réalisé à la bombe par l'Italien Andrea Ravo Mattoni, rendant hommage à Rubens (Deux satyres), Van Eyck (L'Homme au turban rouge) et Brueghel (La Chute des anges rebelles).