Découvrir une exposition de Paul McCarthy (1945, Salt Lake City), c'est un peu comme descendre au coeur des cercles de l'Enfer tels que les a décrits Dante. Chaque salle exhibe son lot de suppliciés. Pour les beaux esprits et les tenants du bon goût, prompts à se pincer le nez, il y a là plus que l'oeil peut en supporter. En ce sens, Mixed Bag, proposition à cheval sur les deux espaces de la galerie Xavier Hufkens, ne déroge pas à la règle. Du lourd. Dès le 6 de la rue Saint-Georges, le visiteur en prend pour son grade. On pense à Paula Jones, Painted (2007-2018), une sculpture explicite, réalisée d'une pièce, qui panache fibre de verre, acier et polyuréthane. McCarthy y déploie tout son génie de l'hybridation malade, comme en témoigne une sinistre face chauve accolée au cul d'un porc. Plus largement, l'ensemble donne à voir trois personnages figés au coeur d'une étrange partouze. L'un d'entre eux, à la tête surdimensionnée, arbore un rictus grotesque. Un autre est traversé de barres de métal. Des doigts, des membres, des groins découpés baignent dans un magma rougeâtre. L'humanité est ici telle que l'a décrite Rimbaud: face à nous, ce sont bien ces "singes d'hommes tombés de la vulve des mères" qui agoni...