Sur un texte de Pietro Pizzuti, Magali Pinglaut met en scène un trio de femmes victimes/battantes/héroïques, en un huis clos hospitalier grave mais semé d'humour.

Cerebrum d'Yvain Juillard revient à Bruxelles pour une longue série aux Martyrs. Une conférence-spectacle instructive, ambitieuse mais légèrement bancale sur le fonctionnement du cerveau.

Par la bouche de Romain Daroles, François Gremaud déclare son amour à Phèdre, le chef-d'oeuvre racinien. Et d'un point d'exclamation, la tragédie se transforme en comédie. Une petite perle.

Dans son seul en scène Qui est blanc dans cette histoire ?, Raphaëlle Bruneau mêle sa propre expérience de mère d'enfants métis aux lettres de son arrière-grand-oncle missionnaire au Congo-Brazzaville pour secouer les mémoires et les points de vue. Un petit uppercut dans la mâchoire du racisme ordinaire.

Sous forme d'un diptyque, Jean-Marie Piemme écrit une suite à La Putain respectueuse de Sartre pour sortir de l'anonymat sa victime noire. Un symbole antiraciste appuyé et mis en scène par Philippe Sireuil.

C'est lui qui le dit: il a pas mal amélioré ses vannes depuis les premières lancées en public à l'enterrement de son père, en 2008. Son paternel -et la filiation en général- est d'ailleurs le pivot de son nouveau spectacle, Au suivant!, actuellement au TTO. À tous les coups, Guillermo Guiz s'assure une victoire par K.O.

Dans une scénographie de machines sonores bricolées, neuf femmes sortent Winnie Mandela de l'ombre de Madiba pour un hommage en chant, en musique, en danse et en échos avec leur présent. Hétéroclite mais poignant.

Thomas Ostermeier adapte magistralement le roman d'Édouard Louis Histoire de la violence, en tirant parti de toutes les possibilités du théâtre. À voir au National.

En nous accueillant dans un refuge en montagne au sein d'une communauté libre de toute contrainte, Des caravelles et des batailles invite à pousser les murs de notre imaginaire et repose les bases de notre vie en communauté. Une fable intelligente et un appel au lâcher-prise, non sans conscience.

Salvatore Calcagno s'attaque au classique américain de Tennessee Williams Un tramway nommé Désir, créé au Théâtre de Liège. S'il est difficile d'oublier le spectre de Marlon Brando, le jeune metteur en scène imprime sa patte à ce chef-d'oeuvre qui prend un autre éclat à l'ère post-MeToo.

Roda Fawaz est de retour, plus flamboyant que jamais sous l'influence du très baroque Pietro Pizzuti. Dans Dieu le père, créé au Théâtre de Poche, il trace le portrait de sa mère tout en interrogeant son propre rapport à la religion. Hyper personnel, universel et diablement touchant.

Angels in America, deuxième! Après la version de Philippe Saire passée au Théâtre des Martyrs, on a vu au NTGent celle, plus longue et donc plus proche de la pièce originale de Tony Kushner, du collectif Olympique Dramatique, qui sera prochainement au KVS. Attention, ça décoiffe!

Voilà un cours d'histoire de la musique comme on n'en avait jamais vu. De la préhistoire à Paganini, Claude Vonin parcourt le globe et les siècles dans Totus Cordus, à voir aux Riches-Claires jusqu'à la fin de l'année.

Derniers représentants de leur "espèce", les ultimes trois comédiens résidents permanents du Théâtre National tirent leur révérence -pas leur retraite!-, le temps d'une ultime balade poétique dans la ville, Bruxelles, qui les a applaudis.

Grands soirs à Charleroi: le Tanztheater Wuppertal, la compagnie de la chorégraphe allemande Pina Bausch disparue en 2009, se produisait pour la première fois en Wallonie, avec une des pièces les plus célèbres de son répertoire. Dans son immense champ d'oeillets, Nelken (créé en 1982) interroge les rapports hiérarchiques et l'obéissance.

Le chorégraphe suisse Philippe Saire s'essaie à la mise en scène d'un texte théâtral, et pas n'importe lequel: Angels in America, de Tony Kushner, plongée fantastico-réaliste dans les années sida à New York. Dépouillé, raccourci à l'essentiel et brillamment maîtrisé. À voir à Bruxelles, aux Martyrs, après sa création à Lausanne.

Avec Forces, Leslie Mannès chorégraphie un trio de femmes souveraines. La musique dicte rigoureusement la partition des corps tandis que le passé épouse l'anticipation. Radical.

Avec le festival Proximamente, le KVS met en lumière les arts de la scène en Amérique latine, à travers une foule de rendez-vous avec des artistes venus du Brésil, d'Uruguay, du Chili et d'Argentine. En ouverture, le Grupo Krapp, basé à Buenos Aires, proposait Rubios, cocktail absurde et acéré de danse, théâtre, musique et vidéo.

Les compagnies Focus et Chaliwaté s'allient pour livrer une fable sur la fin de notre monde. Créé au Théâtre de Namur avant de partir en tournée, Dimanche entremêle sans paroles les aventures d'une équipe de tournage aux quatre coins d'un monde en perdition et le quotidien d'une famille qui s'écroule. Du grand art.