En paroles et en musique, le comédien Anthony Foladore et le multi-instrumentiste Simon Fransquet croquent avec tendresse les portraits, du curé à l'épicière en passant par le pilier de comptoir du bar local, des habitants d'un village anonyme. Et tous peuvent dire: Je suis une histoire.

Avant Avignon, La Dernière Nuit du monde, la nouvelle création de Fabrice Murgia, est présentée à Mons. On a vu en répétition ce conte d'anticipation qui pousse à l'extrême la soif humaine de tout dominer.

Transformant une contrainte en force, Nicole Mossoux et Patrick Bonté jouent habilement sur l'esthétique du couloir pour faire surgir nos cauchemars dans Les Arrière-Mondes, créé aux Tanneurs.

Née sur papier en 1857, prise entre ses rêveries romantiques et l'âpre réalité, Emma Bovary a bien des choses à dire sur la façon dont une femme peut s'accomplir (ou pas) aujourd'hui. Une adaptation solide de Flaubert à voir au KVS.

Après l'art dans son premier one man show créé il y a plus de dix ans déjà, Alex Vizorek revient avec un thème "qui parle à tout le monde mais que personne ne connaît vraiment": la mort. Il en détaille plusieurs aspects dans Ad vitam, créé au TTO.

Reporté de quelques mois à cause du Covid, Je ne haïrai pas rencontre enfin le public au Théâtre de Poche. Mise en scène par l'infatigable Denis Laujol, Deborah Rouach y porte seule le témoignage d'un médecin palestinien extra-ordinaire.

Pour le 40e anniversaire de son implantation, la Balsamine met sa fondatrice Martine Wijckaert à l'honneur avec la création de sa dernière pièce, Forêts paisibles. Où des satyres velus se chamaillent comme des Bidochon. Jubilatoire!

Sous l'oeil critique d'Edson Anibal, Vincent Marganne revient sur ses souvenirs d'enfant blanc né en Afrique et ayant vécu de près, sans trop comprendre alors de quoi il s'agissait, le premier génocide au Burundi. Un spectacle fort et délicat à la fois.

Le Théâtre royal du Parc a la bonne idée de remonter Une maison de poupée. À la mise en scène, Ladislas Chollat démontre que ce classique de Henrik Ibsen a gardé toute sa pertinence. Avec Anouchka Vingtier pour incarner la fragile Nora et son parcours vers l'émancipation.

Seul au milieu de tous dans la cour du Petit Varia, Axel Cornil regarde chaque spectateur droit dans les yeux pour lui conter la rencontre d'un père avec un éléphant dans ce Macadam Circus choral, singulier et diablement touchant.

Avec The Visit, la compagnie La Pigeonnière propose un safari urbain en forme de voyage dans le temps. Un décalage du regard bienvenu, et vraiment drôle, pour se rendre compte des absurdités de notre époque.

Dans le cadre des Retrouvailles du Théâtre Le Public, Itsik Elbaz porte seul en scène les tourments d'un père de famille à l'approche de la cinquantaine. Du paddle à Biarritz, adapté de Fabrice Caro, déclenche sans faillir les rires sous les masques.

Le Théâtre de Poche reprend Fritland, le spectacle à succès de Zenel Laci et Denis Laujol, en version outdoor au souffle balkanique. Sous les étoiles, les frites ont encore meilleur goût.

Après une journée blanche dédiée à la mémoire de sa fondatrice décédée l'an dernier, Frie Leysen, le Kunstenfestivaldesarts s'ouvrait ce week-end à Bruxelles en occupant les failles du début de déconfinement, dans l'ambiance joyeuse de la réouverture des terrasses.

Décrochant le prix Coup de coeur du Jury jeune, Méduse.s, du collectif La Gang, clôturait cette version en ligne du Festival Émulation avec un regard féminin pertinent sur un mythe grec bien phallocrate.