Il va de soi qu'un tel spectacle devrait plaire à tous les amateurs de montagne, à ceux qui pratiquent la haute montagne en particulier. Car dans la bouche, les yeux et les mains de Cédric Juliens prennent vie des souvenirs reconnaissables: le sentiment de petitesse face à l'imposante nature, la joie du sommet atteint, l'ambiance fraternelle des ref...

Il va de soi qu'un tel spectacle devrait plaire à tous les amateurs de montagne, à ceux qui pratiquent la haute montagne en particulier. Car dans la bouche, les yeux et les mains de Cédric Juliens prennent vie des souvenirs reconnaissables: le sentiment de petitesse face à l'imposante nature, la joie du sommet atteint, l'ambiance fraternelle des refuges, la crainte qui monte quand approche l'orage, la sueur, les dents qui claquent quand on est condamné à l'immobilité dans le froid ou encore l'absurdité de notre société contemporaine qui nous saisit quand on se retrouve en bas, dans le monde. Tout cela est raconté à la première personne, avec comme fil rouge d'un récit éclaté les 82 sommets des Alpes au-dessus de 4000 mètres grimpés l'un après l'autre, comme une quête.Mais ces Voies sauvages ne constituent pas qu'un exercice de promo pour l'ivresse des sommets du type "la montagne, ça vous gagne", ce seul en scène dépouillé -une grande table, des livres empilés, un verre d'eau et quelques feuilles de papier pour tout accessoire- est aussi une fable sur le dépassement de soi, semée d'aphorismes applicables au quotidien: "tu dois accepter que ça ne dépend pas que de toi", "c'est peut-être ça qui fait la valeur, comment tu termines les choses", "tout ce qui n'est pas indispensable est superflu", "c'est en lâchant prise que tu sauves ta vie"... Au-delà d'une évidente déclaration d'amour à la montagne, il s'agit ici d'un hommage à l'être humain, à sa capacité à faire face à l'échec et à la peur, à se ressaisir, à aller jusqu'au bout de sa volonté, jusqu'à ce "sentiment de bonheur infini, parce que j'avais fini". Simple, sincère et beau.