La science-fiction est plutôt rare sur scène. Difficile d'égaler avec les moyens du théâtre la débauche d'effets spéciaux possible au cinéma. C'est pourtant le pari de la compagnie System Failure, qui clôt ici une trilogie "sur l'impact des nouvelles technologies dans notre vie quotidienne" (après System Failure et Human Decision).
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La science-fiction est plutôt rare sur scène. Difficile d'égaler avec les moyens du théâtre la débauche d'effets spéciaux possible au cinéma. C'est pourtant le pari de la compagnie System Failure, qui clôt ici une trilogie "sur l'impact des nouvelles technologies dans notre vie quotidienne" (après System Failure et Human Decision). Dans les premières minutes, on se rend bien compte qu'on ne comprend pas tout. Un coeur électronique s'arrête. Sur un grand carré au sol couvert de blanc, Sébastien Jacobs, "Michel", reste immobile, le regard vide, pliant simplement les genoux, en attente comme un Mii de la Wii (les moins de 45 ans comprendront). Derrière lui, Louise Baduel, "Elena", Sébastien Fayard, "Thierry", et Leslie Mannès, "Véronique", eux aussi en combinaison blanche, n'ont pas encore été activés. Sur l'écran noir en fond de scène, un interface est piloté invisiblement, tandis qu'une voix (celle de Louise) commente à haute voix une manoeuvre de forcing du système.Une fois le mot de passe accepté commence une suite sans queue ni tête de scènes où se seraient mélangés Alien, L'Armée des douze singes et Star Trek, mais avec des décors intersidéraux uniquement suggérés par le jeu des acteurs. Jusqu'à ce que la vérité éclate. Jusqu'à ce que la manipulation soit découverte et que le quatrième mur entre réel et virtuel soit franchi. On ne vous en dévoilera pas plus mais on dira quand même que la séquence de danse téléguidée, sur ses variations de We Are the Robots de Kraftwerk, et celle de changement de langues sont irrésistibles.